BONUS : Casinos en France

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« Petite reprise dans l’activité des casinos français en 2015 »

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Analyse 2016 et traitement par Coach Omnium

casino2puce-fleche L’OFFRE DES CASINOS EN FRANCE

La filière française compte 201 casinos en activité sur le territoire national (métropole & Dom-Tom) en 2015, dont 4 ouvertures. Il en existait 155 en 1969 ; leur nombre est tombé à 135 en 1985 et 132 en 1991, date à partir de laquelle leur développement a progressé jusqu’à aujourd’hui. Au moins, 2 ouvertures sont prévues en 2016.

En 2012, la France était déjà le leader européen du secteur regroupant 37 % des casinos implantés sur le continent. Le 2e pays européen en nombre de casinos était la Grande-Bretagne (141 établissements), suivi de l’Allemagne (78) puis de l’Espagne (44). Les établissements français réalisaient un peu moins de 30 % du PBJ (Produit Brut des jeux) total des casinos européens.

Les casinos sont concentrés sur le littoral et la répartition est hétérogène selon les régions. Ce type d’implantations est historique car les casinos ont été autorisés uniquement dans les stations balnéaires, thermales et climatiques jusqu’à la fin des années 1980. A présent, suite au changement de la réglementation, il existe des casinos dans des grandes villes (Toulouse, Bordeaux, Lille,…). Les régions Sud (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, PACA et Rhône-Alpes) regroupent près de la moitié du parc français.

puce-fleche EVOLUTION DES RESULTATS D’ACTIVITE

Pour l’exercice 2014/2015, l’ensemble du secteur casinotier en France, pour 201 établissements, a dégagé un Produit Brut des Jeux (PBJ) total de 2,181 Milliards d’euros, soit une légère hausse de 2,82 % par rapport à l’exercice précédent et + 2 % à périmètre comparable (sans les ouvertures en cours d’année). Le nombre d’entrées (plus de 32 millions en 2015) de joueurs a progressé de 3,2 %. Si les casinos relèvent un peu la tête, on reste en retrait de plus de 20 % en PBJ par rapport à l’année 2007, juste avant la crise économique de 2008/2009. 

A noter que le PBJ moyen par casino français est de 10,8 millions d’euros et 87,4 % du PBJ est réalisé par l’activité des machines à sous (MAS), les jeux de table venant très loin derrière (12,6 %) ; les MAS pesaient 91 % en 2012. Il faut dire que les casinotiers ont fait des efforts en inventivité pour redonner le goût aux jeux de table. Mais pas seulement.

Plus globalement, l’érosion du Produit Brut des Jeux observée durant ces dernières années est la résultante de plusieurs facteurs conjugués ou juxtaposés qui ont influencé sur la demande/activité, pour mémoire :

Le contrôle d’identité aux entrées des casinos, mis en place en novembre 2006. L’effet s’est relativement peu fait sentir en 2007 grâce à la contrepartie de cette interdiction : l’autorisation des accepteurs de billets sur les machines à sous.

– L’entrée en application le 1er janvier 2008 de la loi de protection contre le tabagisme passif. Cette mesure, louable sur le plan sociétal, a entraîné une rupture dans le comportement des clientèles : la chute immédiate de la fréquentation et une baisse corrélative du PBJ de l’ordre de 7 % à 12 %, selon les établissements. Le fait de jouer en fumant est, pour certains joueurs, indissociable ; l’installation d’espaces réservés aux fumeurs n’y changeait rien. Le fait de sortir pour fumer implique parfois un départ définitif du client coupé dans son jeu.

La baisse du pouvoir d’achat des consommateurs liée à la crise financière et économique, qui perdure, et surtout la morosité ambiante largement reléguée par les médias, sans compter la hausse continue du chômage. Même si des études contradictoires évoquent que cette situation de détresse sociale et de paupérisation favoriserait l’intérêt pour les jeux d’argent.

La concurrence des jeux en ligne, dont les illégaux. Toutefois, la légalisation des jeux en ligne en France avec la loi du 12 mai 2010 relative à « l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne » représente un relais de croissance pour l’activité et constitue un grand changement sur le marché des jeux de hasard et d’argent.

Les prélèvements obligatoires. Le produit brut des jeux était taxé à 54 %, au bénéfice de l’Etat et des communes, ce qui représente un montant d’environ 1,25 Milliard d’Euros (données 2012) qui se répartit comme suit : 61 % pour l’État, 18 % pour les organismes sociaux, 21 % pour les communes.

Cette charge grève en partie les bénéfices des casinos et représente des frais lourds, en particulier pour les petits casinos. Les casinos sont très souvent le premier contribuable de leur commune et le premier employeur. 25 % des casinos français étaient en déficit en 2015, contre 22 % en 2012. Mais, des changements fiscaux interviennent pour appliquer un taux du prélèvement progressif de façon à aider les petites unités. Il va s’appliquer à des parts déterminées selon des critères précis qui prennent notamment en compte le PBJ auquel est appliqué un abattement de 25 %. Il est déterminé dans les limites minimum et maximum de 6 % et 83,5 %.

Au-delà des prélèvements obligatoires sur le PBJ, les casinos ont consacré plus de 100 millions d’Euros aux activités touristiques locales. Cette contribution supplémentaire concerne l’ensemble des domaines permettant de renforcer l’intérêt touristique des communes et de leur région, qu’il s’agisse d’activités culturelles, sportives, évènementielles, de spectacles divers ou encore des œuvres sociales. Un casino forme généralement un élément d’attractivité dans la destination dans laquelle il se trouve, au-delà des seuls jeux, avec nécessairement une restauration et des activités de spectacles.

A noter que les casinos attirent tant la clientèle touristique, de curistes que locale, selon leur localisation. Loin des clichés véhiculés dans les films, notamment, où l’on voit défiler les Rolls et les smokings/robes de soirée, les joueurs sont majoritairement des retraités, des chômeurs, des personnes sans emploi et des employés/ouvriers. Avec des variantes selon les établissements.

Selon l’Observatoire des jeux, avec une dépense nette par habitant âgé de 18 ans et plus de 164 € en 2013, les dépenses des Français liées aux jeux d’argent ont quadruplé en l’espace de trente ans (41 € en 1982). Ces dépenses représentent aujourd’hui près de 1 % des dépenses totales sur une année, soit une augmentation de 51 % sur la période 1982-2013. En valeur absolue, les engagement financiers des ménages ont été multipliées par 5,2 en 30 ans, passant de 1.722 millions d’euros en 1982 à 8.975 millions d’euros en 2013. Décliné par poste de consommation, le jeu prend une place grandissante parmi les dépenses de loisirs : il concentre 9,6 % des frais de loisirs et culture, contre 6,1 % en 1982.

L’activité des casinos représente un secteur économique important — plus de 50.000 emplois dont 16.000 emplois salariés directs, emplois de proximité, non délocalisables — et participent pour rappel à l’animation et au financement des communes où ils sont installés.

Pour enrayer la baisse d’activité, les casinotiers ne sont pas restés inactifs et des mesures efficaces ont été mises en place :

Les paris pas chers ont du succès car ils permettent aux consommateurs de continuer à jouer tout en limitant leurs dépenses.
Les maisons de jeux tendent donc à baisser autant que possible la valeur du pari minimal concernant les machines à sous (MAS), qui sont les plus touchés par la baisse du PBJ. Des mises à 1, 2 et 5 centimes d’euros ont été proposées selon les casinos. La plupart des grands groupes mettent à la disposition de leurs clients des slots de petites mises allant de 1 à 5 centimes d’euros.

Le ticket Zap / TITO (Ticket In – Ticket Out) mis en place dans un certain nombre de casinos. Il a été conçu pour remplacer les jetons et les pièces et permettre de changer de machines sans avoir à convertir ses pièces.

Les machines à sous multi jeux/multi-dénominations : Contrairement aux autres MAS qui ne proposent qu’un seul jeu, sur ces machines, le joueur choisit lui-même le jeu auquel il souhaite s’adonner parmi les jeux installés sur la machine (poker, Kéno,…), ainsi que les dénominations.

Le jackpot multi-sites ou Jackpot progressif : ce système permet de relier plusieurs machines à sous entre elles en vue d’alimenter une seule et une même cagnotte.

• Le développement de nouvelles formes de jeux : les jeux en ligne et les jeux médiatisés qui ont la faveur du public, le poker.

• La mise en place de nouveaux jeux malgré les freins législatifs très contraignants qui les encadre : le Texas hold’em poker, le hold’em poker et la roulette anglaise électronique en 2007, le Texas hold’em électronique en 2009. Un nouveau jeu est également en test dans les casinos : la Bataille ou Casino War.

La diversification des activités. Les casinos développent encore une fois de nombreuses activités annexes autour des jeux : spectacles, animations, restauration, etc. Ils se transforment ainsi en véritables pôles de loisirs pour fidéliser la clientèle et accroître les revenus annexes. Cela correspond au modèle américain. Aux Etats-Unis, les casinos sont des destinations touristiques à part entière où le joueur reste le week-end complet. 

puce-fleche LES PRINCIPAUX GROUPES DE CASINOS EN FRANCE

Le secteur se caractérise par une forte concentration des exploitants de casinos. Les indépendants sont rares et épars sur le marché : on en dénombre une quarantaine sur 201 établissements. Quant aux groupes, l’on a observé une accélération de la concentration chez eux dans la première moitié des années 2000, les conduisant à l’acquisition de petits casinos indépendants, voire à l’absorption de groupes concurrents, et pour certains à un fort endettement — le groupe Partouche, par exemple, a absorbé l’Européenne de casinos en 2002. Le groupe Barrière s’est rapproché du groupe Accor pour, par la suite, récupérer ses établissements de jeux après la disparition de Accor Casinos. Le groupe Tranchant a acheté des établissements.

Bien qu’il existe une douzaine de groupes actuellement sur le marché des casinos, 4 se placent en leaders de la filière rassemblant 56 % des casinos implantés en France et totalisant 71,6 % du PBJ réel sur l’exercice 2014-2015 (voir graphique ci-dessous). Les groupes Partouche et Barrière se démarquent, totalisant à eux deux, 56 % de parts de marché des casinos français.

A noter que le groupe Barrière a annoncé à la mi-2015 souhaiter céder les casinos les moins rentables de son parc, à savoir ceux de Besançon, Briançon, Carnac, Chamonix, Dax, Jonzac, Leucate, Perros-Guirec et des Sables d’Olonne. Déjà des propositions de reprises se présentent pour Perros-Guirec, Chamonix, Leucate et Briançon, en cours de cession au moment de la parution de ce bilan (janvier 2016). Cette réduction de l’offre chez Barrière changera bien entendu sa place au sein de la constellation des casinos français, mais l’opérateur conservera les casinos les plus solides. Celui d’Enghien-les-Bains, proche de Paris, génère le plus gros PBJ de France, 4 fois supérieur à celui situé à la seconde place du palmarès, Aix-en-Provence (voir tableau ci-après). 

Etude et analyse par Coach Omnium. Toute reproduction ou citation doit faire l’objet d’une autorisation préalable par Coach Omnium – Copyright 2016

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