BONUS : hôtellerie parisienne

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Marché hôtelier de Paris : malgré les attentats de 2015, la Capitale reste fortement demandée

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L’hôtellerie parisienne demeure gâtée en termes d’activité, avec des scores de remplissage forts et une quasi stabilisation de la demande depuis ces dernières années.

Si, comme on le sait, les deux attentats de 2015 ont donné un coup de frein dans la demande hôtelière, surtout remarquable sur la fin de l’année 2015 et le début de 2016, parallèlement, le parc hôtelier de Paris se développe peu.

Comprenant 1.552 hôtels classés et non classés en 2016, il est assez figé quantitativement depuis ces dernières années. Mais, la progression du volume de chambres (+ 2,4 %) est inversement proportionnelle depuis 2008 à celle du volume de nuitées accueillies, qui est globalement en recul de 1,6 %.

On enregistre un solde de + 48 adresses hôtelières sur 2 ans. Ce sont les gammes 3 et 4 étoiles qui se développent le plus sur la Capitale, tandis que les hôtels non classés fondent comme neige au soleil, avec – 38 % d’établissements. La majorité des nouveaux classés proviennent de ce lot des non classés comptés en 2014 — voir tableau ci-dessous. Curieusement, avec 207 unités non étoilées en 2016, on revient à la situation de 2013 où Paris en avait 201.

Plus globalement, il faut rappeler que de nombreux hôteliers ont profité du minimalisme des nouvelles normes hôtelières pour demander et obtenir sans effort une étoile supplémentaire par rapport à leur ancienne homologation. Cela représente dans la plupart des cas « une montée en gamme artificielle » et seulement administrative.

L’offre hôtelière de Paris a plusieurs caractéristiques comparées à l’offre nationale :


  • Une très forte proportion d’hôtels de milieu de gamme à luxe (69 % de l’offre en hôtels de 3 à 5 étoiles, contre 43 % au plan national).
  • Peu d’hôtels non classés : 13,3 % à Paris contre 24,8 % au plan national en 2016.
  • Une capacité moyenne par hôtel plus élevée : 52 chambres à Paris, contre 36 au plan national.
 Pour autant, la taille moyenne des hôtels parisiens reste limitée. Seulement 9 % du parc hôtelier propose 100 chambres et plus.
  • Extrêmement peu d’hôtels 1 et 2 étoiles : 17,5 % à Paris contre 32,1 % en France.

Qualitativement, si beaucoup d’hôtels 3 à 5 étoiles ont réalisé des travaux de modernisation — on estime que 3/4 des unités de ces catégories ont été rénovées depuis ces 5 dernières années —, il n’en va pas de même pour les gammes inférieures où près de 60 % sont des établissements vieillis, voire vétustes, contre 1 hôtel sur 2 pour l’hôtellerie française.

Cette situation d’une hôtellerie à deux vitesses est d’autant plus incompréhensible et inexcusable que le marché touristico-hôtelier de la Capitale demeure excellent depuis de nombreuses années, accompagné de tarifs et de taux de remplissage élevés.

A noter que Paris dispose en 2016 de 66 résidences de tourisme pour 5.258 logements, de 11 auberges de jeunesse et de 1 camping 4 étoiles de 501 emplacements.

Comparativement, les hôtels parisiens sont plus chers de 30 % et jusqu’à 40 % par rapport aux hôtels de grandes et moyennes villes de province, à catégories comparables. Il est devenu courant que les prix doublent, voire triplent durant certaines périodes de forte affluence touristique liées à des événements ou des grands salons.

Les unités parisiennes offrent également en moyenne près de 20 % de superficie de moins dans leurs chambres, d’où une grille de classement hôtelier national spécialement adaptés pour eux…

hotellerie.paris.2016

La demande hôtelière à Paris en 2015 : forte !


Premier département de France sur ce registre avec un taux d’occupation insolent stabilisé à près de 75 % depuis 2011, selon l’Insee, la Capitale profite d’une demande hôtelière qui est toujours exceptionnellement élevée. A titre comparatif, les hôtels français ont réalisé — toutes régions y compris Paris et toutes catégories confondues — 59,2 % de taux d’occupation en 2014 et en 2015.

Pour autant, malgré un été 2015 au-dessus des moyennes précédentes en termes d’activité, les attentats que Paris a subi, surtout celui du mois de novembre 2015, ont fait chuter exceptionnellement le taux de fréquentation annuel à 73,2 %, ce qui reste malgré tout fort.

Plus globalement, l’hôtellerie parisienne obtient entre 10 et 21 points de mieux de taux de remplissage par rapport aux plus grandes villes de France (Toulouse, Bordeaux, Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg, Nantes, Rennes, etc.).

Paris a enregistré près de 64,5 millions de nuitées hôtelières en 2015, soit 31,9 % de l’ensemble des nuitées dans l’Hexagone (202 millions), tandis que la Capitale ne concentre que 8,4 % des hôtels français et 12,2 % des chambres disponibles.

La saisonnalité est relativement peu marquée à Paris car son hôtellerie bénéficie presque toute l’année d’une demande équilibrée et compensatoire entre tourisme d’affaires (4 nuitées sur 10) et tourisme de loisirs ; d’où des scores d’occupation importants. On peut résumer que la demande la plus forte se situe d’avril à octobre, avec juste une chute relative au mois d’août. Sur le restant de l’année, les taux de remplissage sont plus faibles, mais sans jamais tomber en dessous des 65 %, ce qui demeure élevé.

La clientèle française ne pèse que 42 % des nuitées hôtelières de la Capitale (58 % de clientèle étrangère, en nuitées en 2015, et 58,3 % en 2014). Près de 80 % de la demande en hôtellerie 3 à 5 étoiles est générée par la clientèle étrangère. Les 5 premières clientèles étrangères dans les hôtels parisiens restent les Nord-Américains, les Britanniques, les Italiens, les Allemands et les Japonais.

A noter que la forte montée en puissance d’Airbnb (notamment) sur la Capitale depuis ces 5 dernières années n’a pas affecté la demande hôtelière : voir notre dossier sur le sujet.

La grande question sur le marché hôtelier parisien se situe dans le développement de l’offre et un risque avéré de surcapacité. Attirés par les scores mirobolants d’occupation hôtelière de la capitale, les investisseurs font la queue pour créer ou reprendre des hôtels, malgré les budgets élevés à prévoir. On annonce plus de 40 projets d’hôtels et de résidences de tourisme à Paris en 2016 et 2017, tous envisagés en 3 à 5 étoiles.

Les sources utilisées pour ce panorama : Insee, Coach Omnium. Copyright Coach Omnium 2016.

puce-fleche  Voir également notre Panorama de l’hôtellerie en France