MICE : Les prestataires privilégiés

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• Extrait de notre étude exclusive MICE 2017, réalisée chaque année depuis 1992.

L’hôtel reste, depuis plus de 25 ans, le premier lieu d’accueil de manifestations professionnelles. Ce type d’infrastructure présente l’avantage d’offrir sous un même toit les salles, la restauration et l’hébergement. Un tout-en-un qui limite ainsi les déplacements et facilitant grandement l’organisation. Des atouts d’autant plus importants que les opérations tendent à se raccourcir en durée.

De plus, de nombreux hôtels se sont spécialisés sur le créneau des groupes affaires et proposent des prestations, des services et un accompagnement commercial souvent très professionnels. C’est la raison pour laquelle on fait également — paradoxalement — appel aux hôtels y compris pour des journées d’études, sans besoin d’hébergement.

Les hôtels restent les plus demandés

On remarque, cependant, que l’hôtellerie perd depuis quelques années des parts de marchés sur le secteur des MICE : elle intéressait 91 % des entreprises interrogées par Coach Omnium en 2005, 82 % en 2010, 61 % en 2012 et à peine 57 % en 2016.

Un phénomène qui s’explique par plusieurs raisons : le grossissement des réunions professionnelles en nombres de participants qui ne permet qu’à de moins en moins d’hôtels de traiter les demandes, le développement d’une autre offre concurrente et para-concurrente de plus en plus diversifiée et professionnalisée, et la recherche par les entreprises de lieux toujours plus originaux.

Mais la hausse considérable des journées et demi-journées d’études observée à partir de 2012, au détriment des séminaires résidentiels, explique ce fléchissement très net de la demande vers les hôtels.

Concernant les hôtels, toujours, les entreprises interrogées par Coach Omnium se tournent essentiellement vers les établissements 3 et 4 étoiles (ou assimilés) pour des raisons d’image, de niveau de prestations et de confort, quitte à chercher à négocier les tarifs. On cherche à honorer les participants dans la plupart des cas. Dans un lieu sympathique ou agréable, les messages passent mieux !

Mais, il faut signaler que ce sont également ceux qui proposent l’offre la plus diversifiée et la mieux adaptée en salles.

Rares sont les organisateurs qui font appel à l’hôtellerie de luxe (13 % contre 35 % en 2008) car la prestation y est considérée comme trop coûteuse et l’image de prestige qu’elle véhicule ne convient pas à toutes les opérations, ni à toutes les entreprises, surtout en période d’austérité affichée.Le principal utilisateur de ce type de prestations haut de gamme, qui se démarque, est le secteur de la finance et de l’audit. Quoi qu’il en soit, le choix de ce type de prestataire se justifie le plus souvent pour des événements de relations publiques et d’informations, visant à communiquer sur l’image de la société.

Si les 4 étoiles sont actuellement les plus sollicités, c’est parce que beaucoup d’entre eux sont des anciens 3 étoiles, ayant profité du nouveau classement hôtelier pour demander une étoile supplémentaire (mais souvent sans enrichir ou modifier leur offre) en maintenant plus ou moins les mêmes prix qu’auparavant.

Les catégories économiques ne sont presque pas appelées par les interlocuteurs (ce qui a toujours été le cas), si ce n’est pour des réunions de courte durée, des raisons de praticité géographique ou par manque de disponibilités dans les hôtels de gammes supérieures dans les destinations choisies. Les rares entreprises qui ont déclarées faire appel à ce type de catégorie vont également, en parallèle, dans les hôtels de moyen de gamme et sont plutôt en province. Pour les autres, il s’agit également d’entreprises fortement impactées par la crise économique et contraintes en termes budgétaires.

Les chaînes n’ont plus le monopole

A noter qu’en hôtellerie, les chaînes (intégrées) n’ont plus le monopole ou la préférence des entreprises pour y tenir leurs séminaires. Il n’y a plus que 22 % des organisateurs interrogés par Coach Omnium qui indiquent privilégier les chaînes hôtelières (45 % en 2008), contre 78 % qui n’ont pas de préférence par rapport aux hôtels indépendants.

Ils sont nombreux à dire que ces derniers ont su mettre en place une offre professionnelle et que le côté plus original de leur établissement séduit souvent davantage. Les chaînes ont encore l’avantage de la capacité — en salles comme en chambres — quand il s’agit de recevoir des réunions professionnelles plus grosses en nombre de participants.


Les étoiles en hôtellerie – référence dépassée :

92 % des commanditaires de réunions professionnelles déclarent ne plus regarder les étoiles, mais se fier aux prix et à d’autres codes (photos, cadre, descriptifs,…) pour déterminer la catégorie d’un hôtel. Pour autant, pour leurs séminaires, les organisateurs sont majoritaires à fuir les appellations « Palace » ou les 5 étoiles quand elles sont affichées — « parce que ça ne correspond pas à l’image que nous voulons donner à nos séminaires », « même si nous pouvons y obtenir des prix intéressants, on ne peut pas se rendre dans un hôtel de luxe quand on annonce en même temps que l’entreprise doit faire des économies » —.

C’est Internet, les agences de voyages en ligne (OTAs) et leurs références différentes des étoiles qui ont fait se détourner les organisateurs de MICE du classement officiel. On retrouve cette même tendance chez la clientèle de loisirs et la clientèle individuelle d’affaires qui ne sont plus que 14 % à prendre en compte les étoiles dans l’hôtellerie (8 % chez les séniors).


Les entreprises se tournent de plus en plus vers d’autres types d’infrastructures comme les salles polyvalentes, les salles de réceptions, les monuments historiques, les restaurants et traiteurs, les châteaux et demeures de caractère… pour leur aspect pratique, le cas échéant, et de proximité dans le cadre de journées ou demi-journées d’études. Mais aussi, encore une fois, pour leur originalité qui est destinée à casser la routine et à séduire.

En outre, de plus en plus d’interlocuteurs privilégient, lorsque cela est possible, les locaux et salles de réunions mêmes de l’entreprise (voir encadré) pour des raisons évidentes de réduction des coûts, mais aussi de logistique et de gain de temps. D’autant que les réunions et séminaires sont de plus en plus courts, avec une masse importante de 1/2 journées et de journées d’études.

L’idéal pour tenir un séminaire reste cependant de sortir de son quotidien et du cadre hiérarchisé de l’entreprise. La majorité des interlocuteurs (68,7 %) interrogés par Coach Omnium sont d’accord avec cela. Mais, les contraintes évoquées peuvent gêner cette option (temps disponible, éloignement,…).

A l’inverse, les équipements de loisirs et les parcs à thème ne cessent de perdre en attractivité (- 10 points entre 2005 et 2016) sur ce marché des MICE. Le raccourcissement significatif des durées de manifestations ont eu raison de ces lieux : les participants n’ont plus le temps d’en profiter. Leur aspect un peu trop festif ou ludique contrarie également le côté sérieux et utile que l’on veut actuellement donner aux réunions professionnelles, même si l’événementiel s’y déroule encore.

Enfin, les centres et palais des congrès conviennent bien sûr surtout pour des manifestations de grandes tailles. Or, il y en a de moins de moins jaugées à plus de 300 participants : les réunions professionnelles de moins de 100 personnes sont désormais légion. Pour autant, les centres de congrès s’intéressent de plus en plus aux plus petites réunions, avec une offre mieux adaptée à elles que par le passé. Ils ont également l’avantage d’être souvent en centre ville et entourés d’hôtels.


La forte concurrence des salles des entreprises :

La demande vers une « internalisation » des séminaires est en augmentation explosive : elle ne correspondait qu’à 18 % de la demande il y a plus de 10 ans, contre 42 % aujourd’hui. Cette solution devient une forme de concurrence aux prestataires marchands. Outre le raccourcissement des durées de séminaires / réunions professionnelles, cela s’explique par le fait que de nombreux prestataires externes sont rapidement complets sur les milieux de semaines (concentration de la demande du mardi au jeudi — effet RTT), d’autant que les organisateurs anticipent peu leurs réservations et travaillent souvent dans l’urgence.

Se réunir dans les locaux de l’entreprise est par conséquent souvent un choix par défaut et une solution alternative, devenue parfois définitive. Même si de plus en plus de sociétés ont fait équiper leur(s) salle(s) de manière de plus en plus professionnelle, avec une bonne isolation phonique, un mobilier de qualité et la technologie à tous les étages. Ces locaux — qui n’ont rien à envier aux salles des prestataires — une fois amortis, permettent de faire des économies par rapport à l’externalisation.


Voir notre étude MICE annuelle