FAQ sur notre dossier

FAQ sur notre sondage « LES CLIENTS D’HÔTELS & AIRBNB »

faq.dossierNous avons reçu beaucoup de réactions à la suite de la parution de notre sondage, dont le rapport a été fortement téléchargé : des appréciations positives (nombreuses et majoritaires), des avis négatifs, des sujets d’étonnement.

Comme nous l’avions prévu, cette étude dérangelorsque les lecteurs en vivent une contrariété par rapport à leurs croyances, leurs idées reçues, leurs intérêts —, ce qui n’est heureusement pas la majorité des cas. Elle dérange également ceux qui avaient échafaudé une stratégie contre Airbnb, comme fauteur de trouble, pour expliquer combien cet acteur est à l’origine de l’infortune de l’hôtellerie.

Mais, en dehors des doutes, personne ne nous apporte de contre-arguments solides, étayés par des études de clientèles irréfutables. Nous voulons bien que notre dossier dérange, mais il faudrait expliquer de manière sérieuse, c’est-à-dire de façon aussi scientifique avec au moins les mêmes moyens que nous avons engagés, pourquoi il serait faux. 

Voici quelques réponses aux questions, remarques ou critiques (très minoritaires) de notre étude :

puce_fleche Comment pouvez-vous affirmer que Airbnb n’affecte pas l’activité des hôtels sur la base d’une enquête auprès des seuls clients d’hôtels ?

Notre dossier se compose en fait de deux analyses complémentaires :

– D’un côté en interrogeant de nombreux clients d’hôtels français et étrangers (voir la méthodologie de l’étude dans le rapport), qui nous disent s’ils fréquentent ou pas Airbnb, et si oui, à quelles fins, pourquoi, dans quelles destinations, ce qu’ils lui trouvent, etc. Ça c’est pour l’aspect qualitatif de l’étude.

– De l’autre côté en étudiant les données de fréquentation hôtelière de l’Insee (16.400 hôtels interrogés en moyenne chaque mois) sur les 6 dernières années, la seule base de données conjoncturelle fiable sur le marché de l’hôtellerie française. Ça c’est pour l’aspect quantitatif.

Les taux d’occupation de l’hôtellerie française sont stables depuis 6 ans et le volume de nuitées a même augmenté de plus de 5 % sur ce laps de temps. Si Airbnb, avec son succès et ses 200.000 logements en France, avait un véritable effet sur l’hôtellerie, à aspirer ses clients, cela se verrait immédiatement dans les chiffres d’activité. Il n’en est rien.

Si nous avions expliqué — mais sur quelles bases ?! — qu’Airbnb avait pris de nombreux clients aux hôteliers, nous n’aurions pas été crédibles. Mais, nous aurions fait plaisir à ceux qui ont envie de lire ça !

puce_fleche Airbnb concurrence les hôtels, c’est certain !

Encore faut-il en apporter la preuve sur un volume significatif. Personne n’a pu à ce jour le démonter sans se tromper ou sans mentir. Airbnb est une forme d’hébergement touristique comme d’autres (résidences de tourisme, chambres d’hôtes,…). Or, toutes les solutions hôtelières et para-hôtelières se concurrencent entre elles, plus ou moins, selon les périodes, les motivations de séjours, les destinations et les clientèles. Enfin, elles se concurrencent à partir du moment qu’elles se partagent les mêmes clients. En rappelant qu’un client n’appartient qu’à lui-même.

Les locations Airbnb sont plus adaptées que les hôtels pour les séjours plus longs en famille, en groupes d’amis, et ce en termes de confort, de liberté, d’espace, d’équipement. Elle conviennent également mieux aux étudiants et aux personnes pour qui le prix compte, en séjours de loisirs. La durée moyenne de séjours chez Airbnb est plus de deux fois plus longue qu’en hôtellerie.

En somme, ce sont des hébergements (Airbnb et hôtellerie) complémentaires et non supplémentaires. Les voyageurs ne les choisissent pas, l’un et l’autre, pour les mêmes raisons (voir notre rapport d’étude).

puce_fleche Pourquoi n’avoir pas interrogé seulement les clients d’Airbnb pour mesurer un éventuel abandon de l’hôtellerie ?

Nous aurions pu facilement le faire. Mais, l’objectif que nous avions fixé était d’abord de sonder les clients d’hôtels pour mesurer leur niveau d’attirance vers Airbnb et les éventuelles transformations en acte(s). Nous voulions également comprendre leur perception et leurs points de vue par rapport à cet acteur et à son offre. C’est une étude quali-quantitative. Certes, nous n’avons pas d’information sur les abandonnistes de l’hôtellerie, pour peu qu’ils existent significativement. Mais, notre sondage montre bien que rien n’empêche l’autre.

On se rend à l’hôtel pour certaines raisons et chez Airbnb pour d’autres, en étant les mêmes personnes. Tout comme on peut prendre ses repas dans des restaurants gastronomiques, des bistrots et aussi des fast-food. Le compartimentage n’existe plus dans la consommation. Mais, cela n’est pas nouveau.

Une enquête auprès des clients Airbnb seuls (indépendamment des clients d’hôtels) n’aurait pas permis d’en savoir davantage sur les comportements et attentes des voyageurs. De tous temps, des consommateurs optent pour de nouveaux choix et abandonnent de plus anciens. Mais, cela va dans un sens comme dans l’autre. Notre dossier résume que les taux d’occupation de l’hôtellerie n’ont pas changé depuis au moins 6 ans malgré la forte montée en puissance des sites « d’hébergement dit collaboratif » — dont Airbnb — sur ce même laps de temps.

puce_fleche C’est le marché parisien qui est le plus touché par Airbnb.

Rien ne le prouve non plus. L’année 2015 a surtout été mauvaise pour l’hôtellerie parisienne à cause des deux attentats dans la capitale et ce malgré un bon été comme presque partout. Le taux d’occupation des hôtels de l’agglomération parisienne a été de 75,4 % en 2012, 75 % en 2013, 75,8 % en 2014 et de 73,2 % en 2015 (source Insee). Soit 2,6 points de recul d’occupation des chambres entre 2014 et 2015. Sur une année seulement. Les années précédentes, il a été linaire. Où est l’influence d’Airbnb avec ses 40 à 45.000 logements dans la capitale et son expansion dans la demande depuis 4 ans ? Les attentats ont immédiatement fait chuter les taux d’occupation, cela s’est vu de manière flagrante. Airbnb a subi la même chose à Paris.

Il faut également rappeler que parfois, on opte pour Airbnb (et autres) parce que les hôtels sont tous complets dans une destination choisie ou trop chers (à Paris, les hôtels triplent facilement leurs prix de chambres en fortes périodes). Avec 75 % de taux d’occupation, Paris et sa banlieue voit ses hôtels très souvent complets.

puce_fleche On ne peut pas dire qu’Airbnb n’affecte pas l’hôtellerie…

Oui, il y a eu un mélange dans la compréhension de notre sujet. Si nous maintenons, même si cela contrarie certains, qu’Airbnb n’a pas ou que peu d’impact sur l’activité des hôtels, l’opérateur a bien évidemment une influence sur les hôteliers. Il fait réfléchir par son succès et son offre, il provoque des jalousies, il interpelle. On essaie même de reproduire son aspect « comme à la maison ».

puce_fleche Vous oubliez de souligner qu’avant la crise en 2007 (en réalité 2008 — NDLR) le taux d’occupation moyen des hôtels était de 62 %, soit une perte de 3 points par rapport à aujourd’hui (59 %).

Nous ne l’oublions pas, mais la baisse d’activité n’a aucun lien avec Airbnb qui était à peine né en 2008, avec un minuscule portefeuille de quelques appartements à San Francisco. On pourrait d’ailleurs ainsi remonter aux années 1960, pourquoi pas… La crise financière devenue crise économique a modifié en profondeur le comportement de la clientèle touristique. Depuis cet avènement, les entreprises ont fortement diminué leurs dépenses en déplacements professionnels et en séminaires. Cela s’est traduit par une baisse des prix moyen chambre, mais aussi par une érosion des taux de fréquentation des hôtels, ainsi que pour d’autres hébergements urbains. Nous l’avons analysé et expliqué à maintes reprises.

La baisse de la demande dès 2008-2009 ne vient pas des sites de locations d’appartements ou de maisons chez les particuliers, qui ne sont significativement actifs en France que depuis 3 à 4 ans.

puce_fleche Vous oubliez (volontairement ?) de mentionner que ce que réclament les hôteliers est, avant toute chose, une équité réglementaire, sociale et fiscale et en aucun cas la disparition de cette offre que nous savons complémentaire.

C’est que nous sommes un cabinet d’études et de consulting. Nous réalisons des études et restituons leurs résultats, sans parti pris. Nous n’avons pas à entrer dans les polémiques, justifiées ou non, qui animent le secteur. Et puis, ce n’est pas du tout l’objet de notre étude, qui ne s’intéresse qu’aux clients, voyageurs, consommateurs.

Cette revendication d’équité qui est produite par les hôteliers mérite un débat, qui est cependant hors sujet par rapport à notre sondage et aux consommateurs. Nous ne sommes pas non plus insensibles aux effets négatifs indirects d’Airbnb sur les habitants des villes, rendant de plus en plus les logements indisponibles pour eux, avec des loyers qui gonflent anormalement. Mais, encore une fois, nous n’avons pas à prendre parti.

puce_fleche Avant de publier cette étude, vous auriez dû exposer votre projet aux organisations professionnelles (syndicats patronaux hôteliers)… car elle nous fait du mal dans les négociations que nous menons actuellement. Nous allons vous écrire pour vous informer plus officiellement de notre mécontentement.

Si cela ne s’appelle pas une tentative de censure et d’intimidation, comment doit-on le nommer ? Le mécontentement des uns est largement compensé par les bonnes appréciations des autres. Bien évidemment, étant indépendants, libres et professionnels, nous n’avons pas à demander la permission à qui que ce soit avant de lancer et de publier une étude. Et puis, le tourisme et l’hôtellerie n’appartiennent à personne …ou concernent tout le monde. Qui peut s’en prétendre le gardien unique du temple ?  

Cette enquête de Coach Omnium a été, de plus, financée à compte d’auteur et se trouve être totalement indépendante. Nous ne devons rien à personne et encore moins la soumission. Nous avons déjà connu par le passé des manœuvres d’intimidation, mais nous n’y avons jamais donné corps. Nous publions régulièrement librement des dossiers de toutes sortes depuis 25 ans et cela ne changera pas.

Enfin, rien n’interdit à quiconque de commander une étude de complaisance qui aille dans le sens de ce que l’on veut faire croire, comme cela se fait très souvent. Mais, cela ne se fera pas chez nous. En attendant, notre seul souci est de produire des dossiers fiables et sincères, ce que nous garantissons.

puce_fleche Vous allez sans doute vous attirer les grâces de Airbnb (qui est un nouveau marché intéressant pour votre business), mais il est dommage que cela se fasse au détriment de votre objectivité.

Attaque mesquine ! Notre objectivité est intacte. Notre probité également. Cette étude a été réalisée à compte d’auteur et se trouve par conséquent être totalement détachée de tout opérateur sur le marché, dont évidemment Airbnb, avec qui nous n’avons jamais eu aucun contact. C’est comme ça que nous avons toujours travaillé : libres, indépendants, en quête de vérité et avec la plus grande impartialité possible.

Nous avons ciblé Airbnb — fatalement cité — car il fait les gorges chaudes de la profession hôtelière. Nous voulions savoir si les préjugés qui le touchent sont fondés ou non. Pour autant, notre préoccupation n’est pas de faire plaisir mais de révéler la réalité.

Et puis à ce compte, à chaque fois que nous citons une marque dans une de nos études, ce qui arrive constamment (notamment les études annuelles sur les chaînes hôtelières), nous serions alors à la solde de ces entreprises ?

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