• Analyse de marché

 

 

PANORAMA DU MARCHÉ DES CASINOS EN FRANCE
La croissance du marché - Analyse et traitement par Coach Omnium

Chaque année, c'est 1,5 % du PIB que les Français jouent en jeux de hasard et d'argent, entre les casinos, PMU, jeux à gratter, etc. La croissance de ce marché approche les 4 % par an et génère un volume de 8,3 milliards d'euros. Cela représente en 2004 presque 130 € par habitant. D'ailleurs, la France détient le deuxième rang mondial en termes de PBJ (Produit Brut des Jeux *). Seuls les jeux d'argent sur internet ne sont pas quantifiables. Les machines à sous et les jeux traditionnels représentent le tiers du marché des jeux en termes de chiffre d'affaires.

Entre 1999 et 2002, les casinotiers ont pu compter sur une croissance à deux chiffres de leur PBJ. Depuis 2002, cette croissance est ralentie avec des taux moyens annuels proches des 2 %. La baisse du pouvoir d'achat des Français peut expliquer en partie ce phénomène passager.
Au total, l'activité des casinos aura généré plus de 2,7 milliards d'euros de PBJ pour la saison 2005/2006. C'est 2,16 % de mieux que la saison 2004/2005 (le taux de progression le plus faible depuis 15 ans) et 1 milliard de plus qu'en 1997. D'ailleurs le PBJ aurait grimpé de 988 % en 15 ans. Les machines à sous représentent le tiers des dépenses des ménages en jeux d'argent et de hasard.
Rappelons qu'un casino doit comporter trois activités distinctes sous une direction unique : des spectacles et animations, une restauration raffinée et des jeux.

Aujourd'hui, c'est plutôt l'accroissement de l'offre qui est responsable de cette croissance. En effet, on a vu croître ces dernières années le parc de machines à sous (plus de 20.000 en France en 2006), ainsi que le nombre d'établissements (188 en France en 2004 contre 196 en 2006).
Les fusions-acquisitions se sont accélérées sur cette activité et les grands groupes se livrent à une guerre acharnée par croissance interne et externe. Cela a entraîné un phénomène de concentration du secteur, qui est actuellement dominé par quelques leaders. Seuls un quart des casinos sont encore indépendants aujourd'hui, c'est-à-dire non placés en réseaux.

• La croissance externe
Si l'on observe les derniers mouvements de croissance externe, on a pu voir le groupe Partouche racheter la Compagnie Européenne des Casinos en 2002 au terme d'une bataille boursière avec Accor. En 2003, c'est le rapprochement du deuxième et troisième groupe français, Barrière et Accor Casinos, qui projette la nouvelle entité à la première place avec 37 casinos et 30 % de parts de marché en 2004. L'opération est finalisée le 19 janvier 2004, et donne naissance à un nouvel acteur qui devrait générer 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Mais Partouche n'a pas dit son dernier mot et a finalisé le rachat des 5 casinos du groupe Didot-Boutin en novembre 2005 après 1 an de négociations.

Les 4 grands groupes leaders du marché cumulent 61 % des unités de casinos et près des trois-quarts des parts de marché, laissant peu de place à la survie des petits groupes et des indépendants et raflant la plupart des appels d'offre des grandes villes.

* : Produit Brut des Jeux = sommes investies dans le jeu après paiement des gains.

La croissance interne
En termes de croissance interne, les groupes sont également à l'origine de la plupart des projets d'ouverture. En général, les grandes structures supportent plus facilement le poids d'un tel investissement. Quant aux plus petits groupes, ils ne bénéficient pas de liquidités suffisantes pour racheter des casinos ou d'autres groupes plus petits et n'ont pas d'autres choix pour continuer leur croissance que de répondre à des appels d'offre des villes (comme Lille ou Toulouse) ou de créer de nouvelles unités.

Ces dernières années, l'activité est constante pour les casinos dont le PBJ progresse de l'ordre de 2 % par an. Cette croissance repose essentiellement sur un effet structurel de croissance des casinos et machines à sous.
Les trois premiers casinos pour la saison 2005/2006, en PBJ, sont Enghien-les-Bains (Groupe Lucien Barrière) avec pas loin de 148 millions de PBJ, Charbonnières La Tour de Salvigny (Groupe Partouche) et Aix-en-Provence (Groupe Partouche), talonnés de près par Deauville, St Amand-les-Eaux et Amneville.

La diversification est de mise sur le secteur. En effet, les casinos ont développé de nombreuses activités annexes autour de l'activité jeux, des spectacles, de la restauration, etc. Les casinos se transforment en véritables centres de loisirs pour fidéliser la clientèle et accroître les revenus annexes.
D'ailleurs, cela correspond au modèle américain. Aux Etats-Unis, les casinos sont de véritables destinations touristiques où le joueur reste le week-end complet.

• L'offre recensée

Opérateurs

Nombre de casinos en 2005

Part de l'offre en %

Groupe Partouche

47

24,4 %

Groupe Lucien Barrière

32

16,6 %

Groupe Moliflor Loisirs

21

10,9 %

Groupe Tranchant

17

8,8 %

Groupe Emeraude

8

4,1 %

Groupe Cogit

8

3,1 %

Groupe Viking-Casinos

5

2,6 %

Groupe Arev

5

2,6 %

Groupe Tahoe

4

2,1 %

Groupe Omnium

3

1,6 %

Autres groupes / Indépendants

43

23,2 %

TOTAL :

193

100 %

En France, on recenserait 196 casinos autorisés au 30 septembre 2006, contre un peu moins de 135 en 1991. Près de 80 % appartiennent à un groupe.
Le PBJ sur la saison 2005/2006 provient principalement des machines à sous (94 %). Les autres jeux, tels que le black-jack et la roulette anglaise, ne génèrent que 6 % du PBJ.
Le parc de MAS a été multiplié par 10 en moins de 20 ans. Le nombre de machines à sous (MAS) passe de 2.110 en 1989 à 19.384 en juin 2006.

• Les leaders du marché sont les groupes suivants :
- Le groupe Lucien Barrière
Le groupe Lucien Barrière est actuellement numéro 1 des casinos en France avec 30 % de parts de marché (selon le Ministère de l'Intérieur au 31 octobre 2005). Le groupe familial a développé de véritables "resorts" autour des activités d'hôtellerie, casinos, golfs, centres de thalassothérapie, etc.
En 2003, le groupe occupait la place de numéro 2 avec 17 % de parts de marché. En janvier 2004, il prend la place de numéro 1, occupée jusqu'à cette date par Partouche grâce à l'entrée d'Accor Casinos dans son capital.

Lucien Barrière s'est donc octroyé la place de numéro 1 dans le classement des casinotiers français avec 30 % des parts de marché et 811 millions d'euros de PBJ à octobre 2005.

- Le groupe Partouche
Créé en 1973, le groupe Partouche tient 47 casinos en France et il est également présent à l'international. Son PBJ national des jeux a frôlé les 708 millions d'euros en octobre 2005.
Le groupe réunit 28 % de parts du marché français (selon les chiffres du Ministère de l'Intérieur en octobre 2005).

- Le groupe Moliflor
Le groupe Moliflor Loisirs s'attribue la troisième place derrière les deux leaders du marché. Créé en 1999, il possède 21 casinos à ce jour et 9 % de parts de marché. Il génère un PBJ de 243 millions d'euros.
Moliflor base sa croissance sur le développement interne de ses unités : acquisitions de nouveaux casinos, candidatures à appel d'offres, etc.

- Le groupe Tranchant
Créé en 1987, le quatrième casinotier de France possède 17 casinos en France et 7 à l'étranger. Il réunit 8 % de parts de marché et ses jeux ont accumulé un produit brut réel de 219 millions d'euros. Tranchant a peu progressé ces dernières années et se voit dépasser par Moliflor qui poursuit sa croissance. Mais Georges Tranchant diversifie ses acquisitions et ses activités au profit d’investissements dans des sociétés françaises et néerlandaises de fabrication, de fournitures et de maintenance.

- Le groupe Emeraude
Actuellement exploitant de 8 casinos, le groupe doit sa 5ème place à la disparition devant lui de l’Européenne, d’Accor, et de Didot Bottin. Il a également obtenu l'autorisation pour ouvrir un casino à St-Trojan-les-Bains et a remporté l'appel d'offres de la Marie de Blonville-sur-Mer. Emeraude détient 2 % de parts de marché avec un PBJ de l'odre de 50 millions.

Jusqu'alors implantés dans les stations balnéaires, climatiques et thermales, les casinos se développent maintenant dans les agglomérations de plus de 500.000 habitants, depuis l'amendement Chaban-Delmas de 1988. On note au passage que les départements les mieux représentés en nombre de casinos sont : les Alpes-Maritimes (13), les Pyrénées-Orientales (9) et la Seine-Maritime (9).

 La part des indépendants est passé de 19 à 11 % du marché entre 2004 et 2005. Il représente 33 casinos en 2006.

• La demande

La demande s'est accrue de manière importante durant ces dernières années, poussant les ouvertures de casinos et les groupes à s'intéresser à un tel marché (ex : Accor). En 8 ans, la consommation des ménages en jeux de hasard s'est accrue de 70 %. En 2002, les Français ont consommé 7.527 millions d'euros de jeux. Selon l'Insee, en 2003, c'est environ 305 € de jeux par foyer qui ont été consommés, dont un tiers est consacré aux machines à sous dans les casinos.
Plusieurs déterminants influent sur l'activité des casinos :

  1. L'activité des casinos est, en partie, liée à celle de l'hôtellerie haut de gamme. Pour preuve, le retour de la clientèle étrangère dans les hôtels 4 étoiles a amélioré le produit grands jeux, qui attire plus spécifiquement ce type de clientèle.
  2. Egalement liées à l'activité des casinos, les activités de thermalisme et la thalassothérapie drainent une partie de la clientèle, notamment celle du troisième âge.
  3. Le vieillissement de la population a également des effets sur l'activité, le troisième âge étant réputé pour être un segment de clientèle important.
  4. La météo influence l'activité des casinos, notamment pour les casinos implantés dans les stations de bord de mer.
  5. Le développement du parc de MAS.
  6. De plus en plus de casinos se créent et se rapprochent des bassins de populations résidentes et touristiques.

On distingue plusieurs segments de clientèle :
- Les individuels

Les profils sociologiques des joueurs tendent à prouver que les inactifs et les couches les plus modestes sont plus joueurs que les autres. Une étude sur la fréquentation des MAS (machines à sous) a fait apparaître que près de 41 % des joueurs étaient des inactifs, dont la moitié est retraitée. L'institut de sondage Ipsos annonce des chiffres de 19 % de retraités et 24 % d'inactifs en 1999.

Peu d'études sur le profil des joueurs existent, cependant les travaux de sociologues, du Ministère de l'Intérieur et de l'Insee ont permis de dégager quelques tendances.
D'abord, l'accès aux casinos n'est pas réservé à une élite puisque 30 % des joueurs viennent des CSP en bas de la pyramide : ouvriers et employés. Les cadres et professions intermédiaires représentent seulement le quart de la clientèle. C'est le développement des machines à sous qui a popularisé les casinos auprès d'une population à plus faibles revenus. D'ailleurs, la majorité des ménages joueurs disposent de moins de 23.000 € de revenu par mois.
Toutes les CSP consomment du casino. 37 % des joueurs de MAS ont entre 35 et 50 ans : environ
30 % de plus de 50 ans et 30 % de moins de 30 ans. Les retraités représentent près de 20 % de la clientèle des casinos. La mise moyenne se situe autour de 45 €.

Si la plupart des joueurs ne viennent qu'occasionnellement, il existe une proportion relativement importante de joueurs fidèles. Le tiers des joueurs vient plusieurs fois par semaine. Cette clientèle d'habitués habite principalement la région de localisation du casino.
Plus de 80 % des clients du casino fréquentent les MAS.

Une image trop axée sur le luxe peut faire fuir la clientèle d'ouvriers et employés. Ils se dirigent plus facilement vers des casinos moins renommés ou moins sophistiqués.
Il existe un certain nombre de produits d'appel : discothèque, bar, restaurants, expositions, animations, etc. La clientèle des produits périphériques et la clientèle de jeux représentent 2 motifs différents de consommer au sein du segment de clientèle individuelle.
La proportion de joueurs compulsifs serait du niveau de 1 % par rapport aux parts observées aux Etats-Unis, cela représente 300.000 personnes en France. "Ce sont plutôt des ouvriers, employés et chômeurs, souvent divorcés ou ayant perdu leur emploi", selon l'association SOS Joueurs. Aujourd'hui, en France, c'est 30.000 joueurs qui sont interdits de jeux.

- Les groupes
Les groupes représentent aussi une clientèle importante : clubs de troisième âge, étudiants, associations sportives, etc.
Sans compter qu'aujourd'hui, le casino est devenu l'outil indispensable d'animation de soirées au sein d'un resort touristique pour la clientèle de groupes d'affaires. Dans le cadre de séminaires, l'activité des casinos s'identifie à un divertissement. Le casino propose alors un restaurant, une discothèque et une salle de machines à sous. Le casino doit proposer des produits adaptés à la composition des séminaires : package global (entrée en discothèque, jetons et cocktail).

- Spécificités des casinos dans les stations balnéaires
Certains casinos sont localisés en bord de mer ou dans des stations estivales qui reçoivent peu de clientèle touristique hors saison. En basse saison, ces casinos fonctionnent essentiellement avec la clientèle de séminaires. En effet, les congrès organisés par les entreprises de la région et du bassin parisien dans les grands hôtels à proximité génèrent de la demande.
La clientèle hiver est représentée par la clientèle régionale, la moyenne d'âge est assez élevée.
En période estivale, il s'agit essentiellement de la clientèle de vacanciers qui viennent se divertir. Ils sont relativement friands des animations et spectacles, style karaoké, etc.

Une offre parallèle venant des jeux virtuels sur le web complète l'offre des casinos. Cette activité s'est fortement développée depuis quelques années et représente des milliards d'euros dans le monde.

   
Casinos en France