Le
marché : le parc français des autocars
de tourisme représente environ 9.200 véhicules pour plus
de 3.000 entreprises de transport (dont 2.000 vivent essentiellement
du tourisme).
Les autocaristes
français vendent annuellement environ 30 millions de nuitées
d'hôtels et près de 170 millions de repas, auxquels il
faut ajouter la demande émanant des autocaristes étrangers.
Le prix moyen du repas est de 14 euros TTC, boissons comprises. 70 %
des voyages organisés par les autocaristes français ont
pour destination la France et 30 % l'étranger.
Les autocaristes
sont au départ des transporteurs dont le premier but est de rentabiliser
leurs véhicules. Souvent simples excursionnistes et transporteurs
locaux de personnes, ils sont venus au tourisme pour devenir de véritables
organisateurs de voyages. Un autocar de tourisme coûte à
l'achat entre 260.000 et 340.000 euros, mais des engins de grand luxe
peuvent représenter jusqu'à 600.000 euros d'investissement.
L'autocariste peut disposer d'un parc de un à plusieurs autocars
qui peut aller jusqu'à 150 véhicules, voire plus. Leur
rentabilisation, comme pour tout engin de transport commercial, se mesure
au prix du kilomètre, qui est actuellement de 1,40 à 1,70
euro. Le marché des groupes de tourisme est avant tout celui
de l'autocariste organisateur de voyages.
Les types
de groupes : l'autocariste fonctionne avec des groupes pré-constitués
qui forment près de 85 % de la demande. Il existe aussi les voyages
à la place (15 % de la demande) pour le grand public. Pour constituer
son groupe en voyage à la place, l'autocariste va assurer une
communication promotionnelle auprès de son fichier de clients
et de prospects. Pour fidéliser sa clientèle et stimuler
ses ventes, il doit sans cesse proposer de nouveaux circuits et de
nouvelles destinations.
Les séries groupes : il arrive que l'autocariste
réserve plusieurs séjours d'avance en début de
saison auprès des restaurateurs et des hôteliers, ce qui
lui permet d'obtenir des prix réduits. Mais au stade de la réservation,
il ne possède pas encore de confirmation de ses clients. C'est
pourquoi, il est fréquent qu'il procède à des annulations
au fur et à mesure de l'avancement de la saison (sans remettre
en cause les prix avantageux obtenus…).
La période : les groupes de tourisme voyagent
globalement de Pâques à la mi-octobre, avec un ralentissement
durant les mois de juillet et août.
Les clientèles : l'autocariste travaille généralement
avec une clientèle régionale et souvent fidèle.
La demande touristique (hors excursions) se répartit globalement
entre 29 % d'associations et d'écoles, 24 % de comités
d'entreprises, 15 % de voyages à la place et 32 % de clubs ou
associations du 3e âge. Il existe des voyages de haut de gamme
réunissant des petits groupes (15 à 20 personnes), souvent
d'origine américaine, qui demandent alors des hôtels de
luxe.
Les critères des clients : voyager en autocar
pour des circuits de quelques jours (la durée moyenne des voyages
est de 3 jours) est un style de vacances qui intéresse un public
particulier et qui en est souvent adepte. Les clients qui choisissent
ce type de voyages apprécient en premier la proposition d'un
forfait, le côté pratique où tout est pré-organisé,
le prix attractif et enfin l'avantage du voyage de porte à porte.
Comment vend l'autocariste : les organisateurs de
voyages en groupes disposent en premier de fichiers de clients qu'ils
se sont constitués au fil du temps. Régulièrement, ils
éditent un catalogue et/ou adressent des mailings à leurs
clients et prospects. Ils passent également des annonces dans
la presse locale (voyages à la place) et travaillent avec des
agences de voyages.
Que vend l'autocariste : il propose à sa clientèle
des circuits incluant de l'hébergement, de la restauration et
des visites (musées, sites, parcs d'attractions, etc.) associés
à une destination. L'hôtelier et le restaurateur ne sont
que des fournisseurs parmi d'autres. L'organisateur de voyages effectue
souvent des repérages sur place pour choisir ses prestataires.
Il se réfère aussi au guide Michelin en premier, suivi
d'autres guides touristiques. Mais surtout, comme il existe une forte
solidarité entre autocaristes, le bouche-à-oreille pour
découvrir les bons prestataires fait force de loi. Les autocaristes
disent préférer les hôtels indépendants où
il existe selon eux un meilleur sens de l'accueil et une meilleure restauration
que dans les chaînes. Ces dernières sont surtout choisies
pour des étapes d'une nuit.
Les tendances d'évolution : l'autocariste est
surtout un gagne-petit : sa rémunération est faite d'une
succession de petites commissions à petits profits. Les organisateurs
de voyages ont pour souci de toujours pouvoir proposer de nouveaux circuits
et de fidéliser leur clientèle, qui vieillit et semble
mal se renouveler. Ils comptent aussi sur une relation de confiance
avec les hôteliers et les restaurateurs : garantir la prestation
promise. Les tendances vont aux circuits en étoile où
les voyageurs passent plusieurs nuits dans le même hôtel
plutôt que de changer tous les soirs d'établissement. Enfin,
pour augmenter le confort et donc l'attractivité des autocars,
plutôt que des engins de 50 places, les professionnels proposent
de plus en plus des véhicules de 35 sièges environ, offrant
plus de place.

La
commercialisation : pour intéresser un autocariste,
organisateur de voyages, il faut réunir un certain nombre de
conditions : disposer d'une bonne réputation, d'un restaurant
intégré si possible, de la capacité suffisante
pour accueillir les groupes au restaurant et à l'hôtel
(minimum 35 chambres), d'un accès facile en autocar, d'un fléchage
efficace de l'hôtel et d'un emplacement de parking pour autocar
devant l'hôtel (ou à moins de 100 mètres).
La demande porte le plus fréquemment sur des hôtels 2 et
3 étoiles, et de plus en plus sur des hôtels superéconomiques
pour le public des scolaires. Les groupes préfèrent les
hôtels qui n'offrent pas trop de différences entre les
chambres et équipées de lits jumeaux.
Brochure groupes : il est préférable
de disposer d'une brochure spéciale destinée aux autocaristes
(dans les langues les plus courantes selon la cible). Celle-ci peut
être une chemise avec le dépliant de l'hôtel, un
plan et un descriptif d'accès, le style de restauration, une
série de menus adaptés (les spécialités
régionales sont préférées), une description
des chambres et de l'environnement de l'hôtel (y compris des choses
à voir), les éléments d'animation à la carte
(pour le dîner), les atouts de l'établissement, les tarifs
pour groupes (dont les suppléments chambre individuelle, petit
déjeuner buffet, acheminement bagages, conditions de gratuité
chauffeur, etc.), des photos, les conditions générales
de vente.
Mailings : les autocaristes sont sensibles aux courriers
qu'ils reçoivent des hôteliers et des restaurateurs. Ils
en tiennent compte pour les recontacter ensuite s'ils ont un circuit
à organiser. Il suffit de leur adresser votre brochure une fois
par an et éventuellement vos nouveaux tarifs, en sachant qu'ils
doivent leur parvenir avant les mois de juin de l'année précédente.
On peut trouver un fichier des principaux autocaristes auprès
du SNET (Syndicat national des entreprises de transport) et de quelques
maisons de pays à Paris pour les autocaristes étrangers.
Une société de commercialisation peut également
assurer une prospection pour les hôteliers (compter 460 €
par jour).
Autres : il vaut mieux être dans le Michelin
en premier (qui est le plus crédible selon les autocaristes),
dans la liste de l'office du tourisme et le cas échéant
dans la liste de la CCI que les organisateurs de voyages en groupes
consultent également. Il existe aussi le principal salon français
le MIT International en liaison avec Bus & Cars Magazine.
Un conseil : les autocaristes connaissent
très bien le monde de l'hôtellerie et de la restauration.
Ne trichez pas sur la prestation et ne leur cachez rien. Evitez d'imposer
trop de choses qui pourraient créer un blocage, dont les menus.
Jouez dans la souplesse. Proposez des animations lors du dîner
si l'autocariste y est sensible (avec supplément).

Votre
prestation : les autocaristes apprécient que
l'on respecte leurs clients et qu'on ne les prenne pas pour une "sous-clientèle",
selon leur propre terme.
Interlocuteur unique : les organisateurs de voyages
en groupes demandent d'avoir une personne unique, qui a du pouvoir
dans l'hôtel, qui suit l'ensemble de la procédure : commerciale,
accueil du groupe et suivi. Demandez une rooming-list des personnes
transportées au moins 8 jours avant l'arrivée du groupe,
ainsi que la confirmation des menus.
Pot d'accueil : c'est un plus qui vous fera bien voir,
notamment par jours de grande chaleur. Offrez des boissons rafraîchissantes,
voire une spécialité peu alcoolisée de la région.
Cela permet également de donner les consignes aux voyageurs (horaire
du dîner, etc.) et de distribuer les clefs plus posément.
Si un forfait bagages est proposé, faites assurer leur acheminement
vers les chambres rapidement.
Livret d'accueil : il est destiné au chef de
groupe et comprend la rooming-list (noms des membres du groupe avec
les numéros de chambres), le menu choisi, des informations touristiques,
les numéros de téléphone utiles, le nom de l'interlocuteur
de l'hôtel, ainsi que les horaires de service (dîner, petit-déjeuner).
Les chambres : évitez de donner des chambres
dans les étages supérieurs pour ne pas gêner le
restant de la clientèle de l'hôtel et pour éviter
les bouchons dans les couloirs et l'ascenseur. Il est mal vu de dégarnir
les salles de bains en serviettes de toilette.
La restauration : les groupes aiment les repas copieux
et les tables de 6 à 8 personnes plutôt que de grandes
travées. Il faut veiller à ce qu'il n'y ait pas d'attentions
moindres, comme des serviettes en ouatose alors que les clients du restaurant
ont des serviettes de tissu, pas de service assuré que par des
stagiaires, etc. Garantissez une grande ponctualité dans les
horaires de service. Acceptez les changements éventuels dans
les menus. Le petit déjeuner : servez un buffet dans une pièce
à part ou placez tous les produits sur la table avant que le
groupe arrive le matin.
La prestation au conducteur : c'est un VIP car il
informe son employeur et peut avoir une influence sur le groupe. Autant
le traiter correctement : chambre de bon niveau et dîner à part au
restaurant s'il le souhaite. La règle est de cultiver une bonne
relation avec le conducteur. On lui attribue généralement
la gratuité pour 15 personnes payantes.

A lire : Développez votre clientèle
de groupes tourisme, Mark Watkins, Editions BPI.