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Lire également
les encadrés |
Réaction
des syndicats patronaux et réponse de Coach Omnium |
Compte
rendu résumé de la conférence-débat
du 19 septembre 2005 au Pavillon Kléber à Paris |
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| Cette analyse
exclusive a fait l'objet de très nombreuses citations
dans la presse : Les Echos,
La Tribune, TF1, France2, France3, RMC, Europe1, France
Inter, France Info, Radio BFM, RTL, La Croix, JDD, Le Dauphiné, France Soir, L'Hôtellerie-Restauration,
Revue Espaces, TourMag, Le Figaro, L'Express… |
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SUITE
du DOSSIER : Une fragilisation de l'offre hôtelière
française |
Avertissement
& avant-propos : 
Mes collaborateurs et moi n'avons
pas pour habitude de porter un regard autre que rationnel sur
l'économie ou sur un secteur d'activité, y compris
l'hôtellerie dans laquelle nous sommes spécialisés.
Coach Omnium est une société d'études dont les
consultants tentent par leur travail au quotidien d'analyser
objectivement et "sans faire de sentiments" les évolutions
du marché. Nos clients n'attendent pas autre de nous.
Notre impartialité et notre liberté de conscience
font la réputation de Coach Omnium.
Pour autant, à la lumière de quantités
d'enquêtes faites auprès de la clientèle hôtelière
depuis plus de 15 ans (Coach Omnium interroge chaque année
entre 25.000 et 30.000 clients d'hôtels et de restaurants),
de grands nombres d'audits et de visites d'hôtels réalisés,
mais aussi en suivant les indicateurs conjoncturels, j'en arrive
au constat que… l'hôtellerie
va mal !
Loin de tout catastrophisme
que l'on voudrait parfois me reprocher, je veux tirer la sonnette
d'alarme pour évoquer une hôtellerie qui est engluée
dans des difficultés inextricables. Ma prise de position
n'est pas nouvelle. Je la défends depuis près de
25 ans, comme je crois défendre l'intérêt
des consommateurs, sans qui, rien n'est évidemment possible
dans un secteur économique quel qu'il soit.
Et ce constat que je présente
pose les problèmes de la pérennité de l'hôtellerie
en France, du doute de l'existence d'une hôtellerie de
qualité sans être obligé de chercher dans
le haut de gamme, d'une frustration de la clientèle hôtelière
et enfin de l'image même de la France et de son tourisme.
Au moment où l'on présente notre pays comme la
première destination touristique du monde,
avec 77 millions de touristes étrangers en 2006 (en réalité environ
67 millions selon les nouvelles mesures de l'Insee), où Maison
de la France doit se doter de moyens supplémentaires de
promotion et où l'on mesure que le poids des recettes
et des emplois touristiques n'est pas si négligeable que
cela, il est temps de prendre conscience de la réalité de
l'hôtellerie dans notre pays. Sinon, le volume des fermetures
d'hôtels et les voyageurs déçus va s'amplifier.
On estime que près
d'un quart de l'hôtellerie française classée
est vieillissante, voire vétuste et qu'un bon tiers
est à bout de souffle dans son produit. Quant au restant
de l'hôtellerie, à peine 1/6e du parc serait irréprochable. Car
notre offre hôtelière est devenue minimaliste,
sans valeur ajoutée, pauvre, lassante. Ce sont les consommateurs
qui le disent. Les professionnels qui se montrent fiers de
leur bon accueil doivent savoir qu'un sourire à la réception
d'un hôtel ne peut pas faire oublier au client le désenchantement
qu'il perçoit une fois qu'il referme la porte de sa
chambre derrière lui.
Il ne s'agit pas pour moi
de donner une opinion sur les changements profonds qui se sont
opérés dans le monde des groupes hôteliers,
dont beaucoup dépendent à présent de fonds
d'investissements aux stratégies purement spéculatives.
Mon objectif n'est pas non plus d'accuser et de dénoncer
les fauteurs de troubles, et encore moins de jouer au donneur
de leçons. Ma quête est d'alerter les pouvoirs
publics et les professionnels qu'il faut faire quelque chose
pour notre hôtellerie. Elle s'appauvrit de jour
en jour en même temps qu'elle augmente ses prix exagérément.
Qui parle de la situation
de notre offre hôtelière en train de péricliter
? Pas les syndicats hôteliers qui se concentrent à tort
ou à raison sur un rôle de défenseurs de
la profession, notamment avec leur combat pour la baisse de la
TVA. Pas les associations de consommateurs qui ne se préoccupent
que rarement de l'hôtellerie en France. Quant aux groupes
hôteliers, malgré leurs moyens de faire avancer
l'offre, ils n'ont pas pour vocation de s'intéresser à l'ensemble
de la profession. Ils ont déjà fort à faire
dans leur propre activité. Les uns et les autres acteurs
ne traitent qu'une petite partie du problème.
Or, ce problème de
l'hôtellerie concerne bien plus de thèmes que ceux
abordés par les collectifs de professionnels. La plupart
de ces sujets doivent être traités en urgence, mais
aussi en profondeur. Dans un secteur qui ne sait pas anticiper,
qui ne possède plus aucun visionnaire, qui est très
conservateur, où l'innovation est rare,… ce message
sera difficile à transmettre.
Je le dis par avance, mon
propos ne sera pas forcément positif. Il ne faudra pas
attendre de moi que je présente avec la langue de bois
une image idyllique de la profession. Ce que j'ai à dire
ne plaira pas à tout le monde. Quand quelqu'un a le cancer,
il faut le lui dire et ne pas faire passer la maladie pour un
simple rhume. C'est donc un électrochoc qu'il faut passer à l'hôtellerie,
pour que le cœur reprenne force et vigueur.
J'aime l'hôtellerie
depuis toujours et je n'ai qu'une envie : qu'elle aille mieux
et que sa clientèle retrouve clairement du plaisir à la
fréquenter. Cependant, j'ai le sentiment que les hôteliers
et ceux qui les entourent commettent un acte manqué, un
gâchis. Bref, peut mieux faire… à condition
de prendre conscience de la réalité de la situation,
de recouvrer une rentabilité et d'être aidés.
Enfin, personne ne pourra m'accuser de ne voir que le mauvais
côté de la médaille. Les ouvrages que j'ai écrit
et les nombreux études, analyses et articles sur l'hôtellerie
que j'ai eu l'occasion de publier dans la presse professionnelle
et économique depuis près de 20 ans confirmeront
que j'ai plutôt tendance à aider la profession,
qu'à l'accuser. C'est en tout cas ce que j'ai la faiblesse
de penser. Ma démarche est un acte personnel.
Passé ce stade du constat
que je vais développer ci-après de manière
sans doute trop sommaire et je m'en excuse d'avance, il sera
temps de réunir les bonnes volontés du côté du
privé comme du public, pour trouver des solutions afin
d'améliorer l'offre hôtelière, de la porter
vers l'excellence et que celle-ci serve à l'image du tourisme
français. J'en rêverais. C'est la raison pour laquelle
j'ai fondé le "Comité pour la Modernisation
de l'Hôtellerie Française".
[1] Cependant
une grande partie des touristes comptabilisés à nos
frontières ne font que traverser la France, environ
1/3 du volume comptabilisé, l'Hexagone étant
un couloir Nord-Sud pour se rendre vers l'Italie, le Portugal,
l'Espagne ou le Maroc. Le faible niveau de dépense
moyenne par touriste atteste que la France est certes une
destination touristique majeure, mais pas la première
destination du monde. Si nous sommes 3e en recettes touristiques
mondiales globales, la France n'est en vérité que
12e en recettes moyennes par touriste étranger, dû au
nombre important de personnes qui ne font que transiter dans
le pays en dépensant un minimum sur notre territoire.
Mark Watkins — Président de
Coach Omnium |

Panorama
sur l'hôtellerie — Ce qu'on peut en retenir…
En 2006, le parc hôtelier français classé (distingué par
des étoiles) s'est encore allégé en nombre
d'hôtels à l'instar de ce qu'il se passe depuis ces
dernières années, pour parvenir à un volume
tournant autour de 17.600 hôtels en 2007 — soit
environ 598.000 chambres disponibles —, contre 20.400 en
1991. Il n'existe pas de statistiques officielles sur le nombre
d'hôtels non classés, que l'on estime selon les sources à un
volume se situant entre 9.000 et 12.000 établissements…
• Evolution du nombre d'hôtels
classés en France depuis 1994
|
1994 |
2007 |
Variation
Hôtels/12 ans |
Variation
en % |
0 & 1 étoile
|
4.751 |
3.432 |
- 1.319 |
- 27,8 % |
2 étoiles
|
10.602 |
9.571 |
- 1.031 |
- 9,7 % |
3 étoiles
|
3.267 |
3.777 |
+ 510 |
+ 15,6 % |
4 étoiles & luxe
|
527 |
808 |
+ 281 |
+ 53,3 % |
Total
|
19.147 |
17.588 |
- 1.559 |
- 8,1 % |
Source Insee – traitement &
analyse par Coach Omnium
En une douzaine d'années,
l'offre hôtelière
classée s'est peu à peu dégarnie en nombre
d'hôtels, perdant plus de 8 % d'adresses, soit une
soustraction de plus de 1.500 unités. Cette perte
d'hôtels s'explique par des fermetures ou cessations d'activité,
des transformations d'hôtels en logements (notamment dans
les zones côtières à cause de la Loi littoral
qui interdit les constructions neuves en bord de mer), des déclassements,
voire des fusions entre hôtels mitoyens (2 hôtels voisins
de petite taille n'en deviennent plus qu'un). A noter qu'au 1er
janvier 2007, 289 hôtels de chaînes intégrées,
essentiellement dans les catégories super-économiques
(0/1 étoile), étaient sans classement, alors qu'ils
offrent pourtant des produits conformes aux normes hôtelières.
Dans ce même laps de temps,
le parc hôtelier français
s'est de plus en plus rehaussé en niveaux de gammes.
L'hôtellerie économique — du 0 au 2 étoiles — est
passée de 80 % du parc total en 1994 (soit 15.353 hôtels) à 74
% en 2007 (soit 13.003 hôtels), diminuant au passage de plus
de 2.300 hôtels. L'offre hôtelière de moyen
et de haut de gamme s'est au contraire accrue de presque 800 hôtels.
Cependant, ce phénomène de montée globale
en gamme, avec une perte d'hôtels économiques et
un gain d'établissements de plus hautes catégories
se retrouve dans tous les secteurs des hébergements touristiques
: les campings, les gîtes, les villages de vacances et
les résidences de tourisme.
La réduction du nombre d'hôtels, avec
une concentration de la perte sur les gammes économiques
s'explique globalement par :
- des liquidations judiciaires, notamment dans les petites structures
indépendantes à bas prix par manque de rentabilisation
et d'attrait par la clientèle,
- des cessations d'activité par des exploitants prenant
leur retraite,
- des hôtels en bord de mer transformés en logements,
phénomène favorisé par la "Loi Littoral"
interdisant les constructions neuves,
- un transfert d'hôtels classés vers l'hôtellerie
non classée soit par demande volontaire de déclassement
(certains hôtels 0 étoile, y compris de chaînes,
demandent un déclassement pour échapper à la
taxe de séjours dans certaines communes), soit par non
conformité avec les normes en vigueur.
- un redéploiement dans les centre villes où le
foncier et les prix de revient plus chers justifient la création
d'hôtels plus haut de gamme. La clientèle étrangère
recherche également des hôtels 3 et 4 étoiles
en centre ville et stimule ainsi la création de ces établissements.
- La recherche d'une meilleure rentabilité.

La France dispose d'une offre hôtelière large,
avec une grande diversité et des propositions de prestations
pour en principe tous les goûts et presque tous les prix
(de 25 € à 500 € et plus par chambre/nuit) : des
auberges, des palaces, des hôtels "design", des
boutique-hotels, des hôtels de chaînes, des hôtels
de charme, des hôtels-châteaux, etc. L'hôtellerie
indépendante est très majoritaire (83 % des hôtels),
avec une grande quantité d'établissements de type
familial, donc généralement de petite capacité.
Mais, comme dans la plupart des pays d'Europe, la taille
moyenne des hôtels français est trop réduite.
Si bien sûr la clientèle aime les petits hôtels
de charme, cette situation pose à la profession un problème
de plus en plus imposant de rentabilité.
Ainsi, les hôtels classés français proposent
34 chambres en moyenne ; mais il faut distinguer les chaînes
intégrées — aux hôtels plus grands (en
moyenne 79 chambres en France) — des indépendants,
avec des établissements faiblement calibrés, d'en
moyenne 24 chambres. Plus on se tourne vers le milieu rural, plus
les hôtels sont de petite capacité (18 chambres en
moyenne chez Logis de France, par exemple).
Or, on sait qu’en-dessous de 40 à 45 chambres environ
(et 60 en hôtellerie super-économique), il est difficile
de s’y retrouver dans ses comptes. Par ailleurs, paradoxalement,
plus un hôtel est grand, meilleur est généralement
son taux d’occupation car il peut travailler avec plusieurs
segments de clientèles complémentaires, dont des
groupes et des séminaires, le cas échéant.
Et… meilleure est sa rentabilité parce que l'hôtelier
amortit mieux ses charges fixes d’exploitation, qui représentent
la majorité de ses frais (entre 85 et 90 %).
Bien entendu, la rentabilité d'une
affaire hôtelière
lui permet de durer, de réinvestir, de soutenir la qualité de
ses équipements et de son confort et par conséquent,
de favoriser la satisfaction du consommateur. Cette petite taille
de notre hôtellerie et la faible rentabilité des unités
modestes a conduit l'offre hôtelière à accuser un
sérieux retard de modernité et à offrir
une prestation inadaptée aux attentes de la clientèle.
Près de 1/4 de nos hôtels français classés
sont vieillots, voire vétustes et 1/3 sont à bout
de souffle dans leur produit.
Contre toute idée reçue, l’hôtellerie
française se modernise, même si la clientèle
juge que cela se fait trop modérément et trop lentement.
Si on trouve encore de nombreux établissements vieillots
ou même vétustes, il s'est créé 468
hôtels (pas tous classés) en 2005 — qui est
le taux de créations le plus bas depuis plusieurs années — contre
440 défaillances (mises en redressement judiciaire). Environ
1.200 hôtels ont fait l'objet d'une reprise en 2005. On peut
estimer qu'actuellement environ 6 % du parc hôtelier
bénéficie chaque année d'une rénovation
en profondeur ou au moins significative. Cela reste très
insuffisant.
• Les
nuitées hôtelières – volumes
annuels clientèle française et étrangère -
Hôtellerie classée
en France
| Années |
Nuitées hôtelières
Etrangers + Français
(en milliers) |
Progression/année
précédente |
Nuitées
clientèle française
(en milliers) |
Progression/année
précédente |
1995
|
144.687 |
— |
90.348 |
— |
1996
|
145.714 |
+ 0,7 % |
90.720 |
+ 0,4 % |
1997
|
153.283 |
+ 5,2 % |
92.662 |
+ 2,1 % |
1998
|
161.550 |
+ 5,4 % |
95.286 |
+ 2,8 % |
1999
|
180.542 |
+ 11,7 % |
108.774 |
+ 14,1 % |
2000
|
184.530 |
+ 2,2 % |
110.342 |
+ 1,4 % |
2001
|
191.228 |
+ 3,6 % |
115.576 |
+ 4,7 % |
2002
|
192.056 |
+ 0,4 % |
114.454 |
- 0,9 % |
2003
|
184.859 |
- 3,7 % |
115.535 |
+ 0,9 % |
2004
|
188.524 |
+ 2 % |
118.133 |
+ 2,2 % |
2005
|
192.400 |
+ 2
% |
120.300 |
+ 1,8
% |
2006
|
198.039 |
+
2,9 % |
125.215 |
+
4,1 % |
Source Insee - Traitement Coach
Omnium
Nota
: la clientèle
française représente en moyenne 63 % du nombre
total des nuitées hôtelières.
Selon les données de l'Insee,
on constate que le volume général des nuitées
hôtelières
ne cesse d'augmenter depuis ces dernières années,
soit plus de 37 % depuis 1995, avec parallèlement une diminution
quantitative de l'offre. Ces progressions positives se retrouvent
dans les destinations fortement touristiques, bénéficiant à la
fois d'un tourisme d'affaires et d'un tourisme de loisirs, comme
les grandes villes (Paris, Toulouse, Lyon, Nice,…).
Les
chaînes hôtelières intégrées (les
réseaux qui réunissent des filiales de groupes hôteliers
et/ou des franchisés) sont devenues la force vive dans notre
paysage hôtelier. Elles continuent à se développer,
mais d’une manière désormais "molle" :
+ 0,4 % en 2006 — soit à peine 11 hôtels de
plus qu'en 2005 —, contre 8 à 13 % par an avant 2000 — étude
exclusive de Coach Omnium (16e année).
Aujourd’hui, si les 59 enseignes recensées ne représentent
que 17 % du nombre d’hôtels classés français
(soit 2.989 hôtels en filiales, franchises et mandats de
gestion), elles réunissent 39,8 % du nombre de chambres
et tout de même 53 % de parts de marché.
Autrement dit, plus d'une nuitée hôtelière
en France sur deux (dans l'hôtellerie classée) se
déroule dans un hôtel de chaîne intégrée.
Cela s'explique par leur taux d'occupation plus important que chez
les indépendants — grâce à l'effet réseau
et à la notoriété des marques —, et
aussi par la relativement grande capacité de leurs hôtels.
Les chaînes hôtelières bénéficient
souvent de taux d’occupations supérieurs de 8 à 15
points, à hôtels comparables, à ceux des indépendants.
Elles sont également en moyenne plus chères de 20
%. Aujourd'hui, les phénomènes de concentration s'intensifient
dans l'hôtellerie, comme dans les autres secteurs d'activité économique. A
peine 10 groupes en France contrôlent 9 hôtels affiliés à des
chaînes hôtelières intégrées sur
10, dont une domination sans surprise du groupe Accor,
qui en fédère 45 %. Rien qu'en France, 32 enseignes
de chaînes ont disparu en 15 ans en raison de fusions-absorptions
ou parfois de faillites, alors qu'il ne se crée presque
plus de réseaux nouveaux (sauf Kyriad en 2000 et All Seasons
en 2007).
A côté des chaînes hôtelières
intégrées, se trouvent une vingtaine d’enseignes
de chaînes volontaires dans l’Hexagone,
qui fédèrent près de 5.900 hôtels, dont
près de 1/5e adhèrent à deux ou à trois
réseaux différents.
Dans l’ensemble, presque 6 hôteliers français
sur 10 n’adhèrent à aucun réseau, ce
qui les isole et les fragilise dans beaucoup de cas.
• A
la question, "les chaînes hôtelières
intégrées vont-elles faire disparaître
l'hôtellerie indépendante ?",que
peut-on répondre ?
Le développement
des chaînes
hôtelières
s'est considérablement ralenti depuis ces dernières
années, passant de 9 % jusqu'à 13 % d'hôtels
supplémentaires par an à environ + 3 % en moyenne
annuelle depuis ces quatre dernières années.
Même si en 5 ans, par exemple, les indépendants
ont perdu 5 % d'hôtels et les chaînes en ont accueilli
21 % de plus. A noter que les chaînes hôtelières
volontaires stagnent depuis longtemps en volume global d'affiliés.
Si l'argent ne manque pas à la plupart des grands groupes
hôteliers pour assurer leur développement grâce à la
présence de beaucoup d'investisseurs motivés
de financer des hôtels (les groupes n'investissent quasiment
plus en propre), ce sont les terrains stratégiquement
acceptables ou économiquement éligibles qui manquent
en France.
De plus, le marché retourne vers les centre villes
où le foncier coûte plus cher et où les
contraintes architecturales sont intensément plus
fortes qu'en périphéries. Du coup, les modèles économiques
des chaînes s'en trouvent souvent contrariés.
Si une majorité de réseaux recherchent des
franchisés pour augmenter leur parc, ces derniers,
capables de les intéresser et de correspondre à leurs
standards, sont de plus en plus rares. Parallèlement,
les hôtels de moins de 50 à 80 chambres, selon
les catégories, qui intéressent les chaînes
hôtelières intégrées sont le plus
souvent déjà affiliés et sont de toutes
façons peu nombreux.
Il faut reconnaître que les chaînes hôtelières à défaut
de prendre matériellement la place des indépendants,
gagnent chaque année un peu plus de parts de marché.
Autrement dit, l'augmentation du nombre de nuitées
hôtelières profite globalement depuis ces dernières
années aux chaînes hôtelières intégrées
plutôt qu'aux indépendants. Mais, il est important
de signaler que les taux de fréquentation stagnent,
voire reculent. Et pour compenser cette réduction
de la demande, les chaînes pratiquent des augmentations
tarifaires très fortes : + 32 % sur 5 ans (2001 à 2006)
et même 37 % dans la gamme superéconomique,
soit le double de la hausse des prix observée dans
le secteur des services. Cela les entraîne vers le
risque déjà vérifié de perdre
des clients ou de voir baisser les fréquences de séjours. |
• Taux
de pénétration des chaînes
hôtelières intégrées
/ parc hôtelier global d'Europe occidentale
| |
Nombre
Hôtels
Chaînes
|
Part
de l'offre
chaînes
en 2006
|
Part
de l'offre chaînes en 2000 |
Nombre
Chambres
Chaînes
|
Part
de l'offre
chaînes
en 2006
|
Part
de l'offre chaînes en 2000 |
Allemagne |
891 |
4
% |
4
% |
150
971 |
23
% |
24
% |
Autriche |
117 |
1
% |
1
% |
17
898 |
6
% |
3
% |
Belgique |
129 |
7
% |
6
% |
17
448 |
32
% |
39
% |
Espagne |
938 |
5
% |
9
% |
145
429 |
19
% |
23
% |
France |
2
950 |
16
% |
13
% |
234
094 |
39
% |
35
% |
Grande-Bretagne |
1
557 |
8
% |
8
% |
165
864 |
31
% |
33
% |
Irlande |
72 |
8
% |
4
% |
8
958 |
21
% |
10
% |
Italie |
272 |
1
% |
1
% |
40
708 |
4
% |
4
% |
Luxembourg |
13 |
4
% |
6
% |
1
575 |
21
% |
28
% |
Pays-Bas |
263 |
8
% |
10
% |
32
637 |
35
% |
38
% |
Portugal |
90 |
5
% |
4
% |
13
603 |
12
% |
10
% |
Suisse |
89 |
2
% |
3
% |
12
051 |
9
% |
10
% |
Moyenne
Europe |
7.381 |
5
% |
6
% |
841
236 |
20
% |
19
% |
Source Coach
Omnium
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2005/2007 — reproduction interdite sans autorisation
|