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Panorama de l'hôtellerie en France par Coach Omnium • Un parc hôtelier français qui monte en gamme En 2009, le parc hôtelier français classé (distingué par des étoiles) s'est encore allégé en nombre d'hôtels à l'instar de ce qu'il se passe depuis ces dernières années, pour parvenir à un volume tournant autour de 17.700 hôtels — soit 614.532 chambres disponibles — contre 20.400 en 1991. Il n'existe pas de statistiques officielles sur le nombre d'hôtels non classés, que l'on estime selon les sources à un volume se situant entre 9.000 et 12.000 établissements… • Evolution du nombre d'hôtels classés en France depuis 1995
Source Insee – traitement & analyse par Coach
Omnium
Dans ce même laps de temps, le parc hôtelier français s'est de plus en plus rehaussé en niveaux de gammes. L'hôtellerie économique — du 0 au 2 étoiles — est passée de 81 % du parc total en 1995 (soit 16.314 hôtels) à 68 % en 2009 (soit 12.052 hôtels), diminuant au passage de 3.262 hôtels. L'offre hôtelière de moyen et de haut de gamme s'est au contraire accrue de plus de 836 hôtels. Cependant, ce phénomène de montée globale en gamme, avec une perte d'hôtels économiques et un gain d'établissements de plus hautes catégories se retrouve dans tous les secteurs des hébergements touristiques : les campings, les gîtes, les villages de vacances et les résidences de tourisme. C’est également un phénomène que l’on rencontre peu ou prou dans les autres pays d’Europe occidentale. Si l'hôtellerie 0 et 1 étoile a perdu le plus grand nombre d'hôtels, il s'agit essentiellement d'établissements indépendants. Les chaînes hôtelières dans cette gamme ont au contraire gagné près de 430 unités, passant ainsi de 770 hôtels en 1995 à 1.200 aujourd'hui, soit + 56 %.
La France dispose d'une offre hôtelière large, avec une grande diversité et des propositions de prestations pour en principe tous les goûts et presque tous les prix (de 25 € à 500 € et bien plus par chambre/nuit) : des auberges, des palaces, des hôtels "design", des boutique-hotels, des hôtels de chaînes, des hôtels de charme, des hôtels-châteaux, etc. Les hôtels de chaînes sont généralement plus chers de 20 % environ que les hôtels indépendants, à offre et situation comparables.
• Voir notre étude économique sur la petite hôtellerie française sur notre site : Etude
Aujourd’hui, si les 62 enseignes recensées ne représentent que 17 % du nombre d’hôtels classés français (soit 2.977 hôtels en filiales, franchises et mandats de gestion), elles réunissent 38,9 % du nombre de chambres et tout de même près de 55 % de parts de marché. Autrement dit, plus d'une nuitée hôtelière en France sur deux (dans l'hôtellerie classée) se déroule dans un hôtel de chaîne intégrée. Cela s'explique par leur taux d'occupation plus important que chez les indépendants — grâce à l'effet réseau et à la notoriété des marques —, et aussi par la relativement grande capacité de leurs hôtels.
Aujourd'hui, les phénomènes de concentration s'intensifient dans l'hôtellerie, comme dans les autres secteurs d'activité économique. Les deux groupes hôteliers leaders en France — Accor et Le Groupe du Louvre — contrôlent plus de 7 hôtels affiliés à des chaînes hôtelières intégrées sur 10, dont une domination sans surprise du groupe Accor, qui en fédère 46 %. Rien qu'en France, 36 enseignes de chaînes ont disparu en 15 ans en raison de fusions-absorptions ou parfois de faillites, alors qu'il ne se crée presque plus de réseaux nouveaux (sauf Kyriad en 2000 et All Seasons en 2007).
Le retard de modernité de l'offre hôtelière dénoncé par la clientèle hôtelière (en la comparant avec l'évolution de l'habitat, le design automobile et l'immobilier de bureau) n'est pas seulement du fait des hôteliers eux-mêmes. La profession est handicapée par un grand nombre de phénomènes extérieurs ou d'influences exogènes, qu'elle subit de plein fouet. Ainsi, les changements dans les habitudes de consommer, les fluctuations imprévisibles du tourisme, la mise en place de la RTT dans les entreprises, la chasse aux notes de frais, les dysfonctionnements dans la concurrence, l'accès compliqué aux crédits, les conditions d'exercice et les importants prélèvements fiscaux et sociaux obligatoires,… pèsent considérablement sur les possibilités de rentabiliser son affaire hôtelière. Il faut ajouter à cette liste non exhaustive les difficultés de recrutement du personnel, l'insuffisance de fonds propres, une hausse massive des coûts de créations hôtelières, une carence dans l'innovation et dans la prise en compte de la demande, …histoire de finir de noircir le tableau. Le Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française estime que dans les 3 années à venir, le parc hôtelier français devrait perdre entre 1.200 et 1.700 hôtels, voire davantage encore, à cause de la crise financière et économique actuelle. Il est certain qu'une grande professionnalisation de l'hôtellerie est en train de s'opérer, avec un avenir réservé uniquement aux plus solides, aux plus grandes entreprises et aux hôteliers qui parviennent à s'adapter aux attentes des clientèles. Si les chaînes ont leur succès, il y a encore beaucoup de place pour des hôteliers indépendants imaginatifs, volontaires et entreprenants. Coach Omnium a élaboré le Livre Blanc de la Modernisation Hôtelière pour le compte du Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française.
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