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Panorama
sur l'hôtellerie en France
par Coach Omnium
•
Un parc hôtelier français qui monte
en gamme
En
2007, le parc hôtelier français classé (distingué par
des étoiles) s'est encore allégé en nombre d'hôtels à l'instar
de ce qu'il se passe depuis ces dernières années, pour
parvenir à un volume tournant autour de 17.400 hôtels en
janvier 2008 — soit environ 599.239 chambres disponibles — contre
20.400 en 1991. Il n'existe pas de statistiques officielles sur le nombre
d'hôtels non classés, que l'on estime selon les sources à un
volume se situant entre 9.000 et 12.000 établissements…
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Evolution du nombre d'hôtels classés en France depuis
1994
| |
1994 |
2008 |
Variation |
% |
Parts de l'offre hôtels en 2008 |
| 0 & 1 étoile |
4.751 |
3.352 |
- 1.399 |
- 29,4 % |
19,2 % |
| 2 étoiles |
10.602 |
9.416 |
- 1.186 |
- 11,2 % |
54,1 % |
| 3 étoiles |
3.267 |
3.820 |
+ 553 |
+ 16,9 % |
21,9 % |
| 4 étoiles & luxe |
527 |
837 |
+ 310 |
+ 58,8 % |
4,8 % |
| Total |
19.147 |
17.425 |
- 1.722 |
- 9 % |
100 % |
Source
Insee – traitement & analyse par Coach Omnium
En
quatorze années, l'offre hôtelière classée
s'est peu à peu dégarnie en nombre d'hôtels,
perdant 9 % d'adresses, soit une soustraction de plus
de 1.700 unités. Dans ce même laps de temps, le parc hôtelier
français
s'est de plus en plus rehaussé en niveaux de gammes.
L'hôtellerie économique — du
0 au 2 étoiles — est passée de 80 % du
parc total en 1994 (soit 15.353 hôtels) à 73 %
en 2008 (soit 12.768 hôtels), diminuant au passage de
2.585 hôtels. L'offre hôtelière
de moyen et de haut de gamme s'est au contraire accrue de plus
de 860 hôtels.
Cependant,
ce phénomène de montée globale en gamme,
avec une perte d'hôtels économiques et un gain d'établissements
de plus hautes catégories se retrouve dans tous les secteurs des
hébergements touristiques : les campings, les gîtes, les
villages de vacances et les résidences de tourisme. C’est également
un phénomène que l’on rencontre peu ou prou dans
les autres pays d’Europe occidentale.
La
réduction du nombre d'hôtels, avec une concentration
de la perte sur les gammes économiques s'explique
globalement par :
| -
des liquidations judiciaires, notamment dans les petites structures
indépendantes à bas prix par manque de rentabilisation
et d'attrait par la clientèle ; cela concerne aussi les
hôtels en milieu rural et très saisonniers. |
| -
des cessations d'activité par des exploitants prenant leur
retraite, sans reprise d’établissement,des hôtels
en bord de mer transformés en logements, phénomène
favorisé par la "Loi Littoral" interdisant les
constructions neuves, |
| -
un transfert d'hôtels classés vers l'hôtellerie
non classée
soit par demande volontaire de déclassement, soit par non conformité avec
les normes en vigueur. A noter qu'au 1er janvier 2008, 332 hôtels de chaînes
intégrées, essentiellement dans les catégories super-économiques
(0/1 étoile), étaient sans classement, alors qu'ils offrent des
produits conformes aux normes hôtelières. La raison tient généralement à la
possibilité d’échapper à la taxe de séjours
lorsque l’hôtel n’est pas classé. |
| -
un redéploiement dans les centre villes où le foncier
et les prix de revient plus chers justifient la création
d'hôtels plus haut de gamme. La clientèle étrangère
recherche également des hôtels 3 et 4 étoiles
en centre ville et stimule ainsi la création de ces établissements. |
| -
la recherche d'une meilleure rentabilité. |
La
France dispose d'une offre hôtelière
large, avec une grande diversité et
des propositions de prestations
pour en principe tous les goûts et presque
tous les prix (de 25 € à 500 € et
bien plus par chambre/nuit)
: des auberges, des palaces,
des
hôtels "design",
des boutique-hotels, des hôtels
de chaînes, des hôtels
de charme, des hôtels-châteaux,
etc.
L'hôtellerie
indépendante
est très majoritaire (83 % des hôtels),
avec une grande quantité d'établissements
de type familial, donc généralement de petite capacité.
Mais, comme dans la plupart des pays d'Europe, la taille moyenne des
hôtels français
est trop réduite.
Si bien sûr la clientèle
aime les petits hôtels
de charme, cette situation
pose à la profession
un problème
de plus en plus imposant
de rentabilité. Ainsi,
les hôtels classés
français proposent
34 chambres en moyenne ;
mais
il faut distinguer les chaînes
intégrées — aux
hôtels plus grands
(en moyenne 80 chambres en
France) — des
indépendants, avec
des établissements
faiblement calibrés,
d'en moyenne 24 chambres.
Plus on se tourne vers le
milieu
rural, plus les hôtels
sont de petite capacité (18
chambres en moyenne chez
Logis de France, par exemple).
Or,
on sait qu’en-dessous
de 40 à 45 chambres
environ (et 60 en hôtellerie
super-économique),
il est difficile de s’y
retrouver dans ses comptes.
Par ailleurs, paradoxalement,
plus un hôtel est grand,
meilleur est généralement
son taux d’occupation
car il peut travailler avec
plusieurs segments de clientèles
complémentaires, dont
des groupes et des séminaires,
le cas échéant.
Et… meilleure est sa
rentabilité parce
que l'hôtelier amortit
mieux ses charges fixes d’exploitation,
qui représentent la
majorité de
ses frais (entre 85 et 90
%).
Bien
entendu, la rentabilité d'une
affaire hôtelière
lui permet de durer, de réinvestir, de soutenir la qualité de
ses équipements
et de son confort et par
conséquent, de favoriser la satisfaction du consommateur.
Cette petite taille de
notre hôtellerie et la faible rentabilité des
unités modestes
a conduit l'offre hôtelière à accuser
un sérieux retard
de modernité et à offrir
une prestation inadaptée
aux attentes de la clientèle.
Près de 1/4 de nos
hôtels français
classés sont vieillots,
voire vétustes
et 1/3 sont à bout
de souffle dans leur produit.
Contre
toute idée
reçue, l’hôtellerie
française
se modernise, même
si la clientèle
juge que cela se fait
trop modérément
et trop lentement. Si
on trouve encore de nombreux établissements
en fin de course, il
s'est créé 468
hôtels (pas tous
classés)
en 2005 — qui est
le taux de créations
le plus bas depuis plusieurs
années — contre
440 défaillances
(mises en redressement
judiciaire). Environ
1.200 hôtels ont
fait l'objet d'une reprise
en 2005.
On peut estimer qu'actuellement
environ 6 % du
parc hôtelier
bénéficie
chaque année d'une
rénovation en
profondeur ou au moins
significative.
Cela reste très
insuffisant.
Les
chaînes
hôtelières
intégrées (les réseaux
qui réunissent
des filiales de groupes
hôteliers
et/ou des franchisés)
sont devenues la force
vive dans notre paysage
hôtelier. Elles
continuent à se
développer,
mais d’une manière
désormais "molle" :
+ 11 hôtels
de plus en 2006 et
+ 16 hôtels en
2007 —,
contre 50 à 100
par an avant 2000 — étude
exclusive de Coach
Omnium (16e année).
Aujourd’hui,
si les 59 enseignes
recensées
ne représentent
que 17 % du nombre
d’hôtels
classés français
(soit 2.996 hôtels
en filiales, franchises
et mandats de gestion),
elles réunissent
39,9 % du nombre
de chambres et tout
de
même près
de 55 % de parts
de marché. Autrement dit, plus
d'une nuitée
hôtelière
en France sur deux
(dans l'hôtellerie
classée) se
déroule
dans un hôtel
de chaîne intégrée.
Cela s'explique par
leur taux d'occupation
plus important que
chez les indépendants — grâce à l'effet
réseau et à la
notoriété des
marques —,
et aussi par la relativement
grande capacité de
leurs hôtels.
Les
chaînes hôtelières
bénéficient
souvent de taux d’occupations supérieurs de 8 à 15
points, à hôtels
comparables, à ceux
des indépendants.
Elles sont également
en moyenne plus
chères
de 20 %. Aujourd'hui,
les phénomènes
de concentration
s'intensifient
dans l'hôtellerie,
comme dans les
autres secteurs
d'activité économique.
Les deux groupes
hôteliers
leaders en France — Accor
et Le Groupe du
Louvre — contrôlent
plus de 7 hôtels
affiliés à des
chaînes hôtelières
intégrées
sur 10, dont une
domination sans
surprise du groupe
Accor,
qui en fédère
45 %. Rien qu'en
France, 32 enseignes
de chaînes
ont disparu en
15 ans en raison
de
fusions-absorptions
ou parfois de faillites,
alors qu'il ne
se crée
presque plus de
réseaux
nouveaux (sauf
Kyriad en 2000
et All Seasons
en 2007).
A
côté des
chaînes
hôtelières
intégrées,
se trouvent 29
enseignes de chaînes volontaires dans l’Hexagone,
qui fédèrent
près de
6.581 hôtels,
dont près
de 1/5e adhèrent à deux
ou à trois
réseaux
différents.
Dans
l’ensemble,
plus
de 1 hôteliers
français
sur 2 n’adhèrent à aucun réseau,
ce qui les
isole et les fragilise dans beaucoup de cas.

Le
retard de modernité de l'offre hôtelière dénoncé par
la clientèle hôtelière (en la comparant avec l'évolution
de l'habitat, le design automobile et l'immobilier de bureau) n'est pas
seulement du fait des hôteliers eux-mêmes. La profession
est handicapée par un grand nombre de phénomènes
extérieurs ou d'influences exogènes, qu'elle subit de plein
fouet. Ainsi, les changements dans les habitudes de consommer, les fluctuations
imprévisibles du tourisme, la mise en place de la RTT dans les
entreprises, la chasse aux notes de frais, les dysfonctionnements dans
la concurrence, l'accès compliqué aux crédits, les
conditions d'exercice et les importants prélèvements fiscaux
et sociaux obligatoires,… pèsent considérablement
sur les possibilités de rentabiliser son affaire hôtelière.
Il
faut ajouter à cette liste non exhaustive les difficultés
de recrutement du personnel, l'insuffisance de fonds propres, une hausse
massive des coûts de créations hôtelières,
une carence dans l'innovation et dans la prise en compte de la demande, …histoire
de finir de noircir le tableau.
Le
Comité pour la Modernisation
de l'Hôtellerie Française estime que dans les 5 années à venir,
le parc hôtelier français devrait perdre entre 1.200
et 1.700 hôtels.
Il
est certain qu'une grande professionnalisation de l'hôtellerie
est en train de s'opérer, avec un avenir réservé uniquement
aux plus solides, aux plus grandes entreprises et aux hôteliers
qui parviennent à s'adapter aux attentes des clientèles.
Si les chaînes ont leur succès, il y a encore beaucoup
de place pour des hôteliers indépendants imaginatifs,
volontaires et entreprenants.
Coach
Omnium a élaboré le
Livre Blanc de la Modernisation Hôtelière pour le
compte du Comité pour la Modernisation
de l'Hôtellerie Française.
Il est téléchargeable gratuitement sur le site : www.comitemodernisation.org.
Analyse
exclusive par Coach Omnium –- source Insee pour
les hôtels classés et autres sources par Coach Omnium - ©2008
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