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Les
idées reçues.
Quelle profession ou quel secteur d'activité n'en connaît
pas ? Le tourisme, l'hôtellerie et la restauration en sont largement
pourvus. Parfois, les idées reçues font sourire. Parfois,
elles sont ridicules. Parfois ce sont des contrevérités.
Parfois aussi, elles sont dangereuses pour la bonne compéhension
de la profession, voire pour ses intérêts. Ces idées
reçues
circulent communément par le bouche-à-oreille, mais aussi
au travers d'ouvrages et surtout d'articles de presse lus ici et là,
ce qui est plus gênant. Elles sont le fruit d'interprétations,
d'actes malveillants ou encore de la bêtise, tout simplement. Pourtant,
on leur donne souvent, à raison mais le plus souvent à tort,
du crédit.
Sans
retenue, mais aussi sans prétention, nous avons
voulu tordre le cou à un
grand nombre d'idées reçues ou les rectifier. Bien sûr,
ces thèmes
peuvent être des sujets à débattre. Nous ne prétendons
pas avoir raison sur tout. Mais au moins, j'ai la faiblesse de croire
que le lecteur nous laissera la liberté de nos points de
vue.
Cette
première liste d'une trentaine
d'idées
reçues, qui circulent dans le secteur du tourisme et des CHR, sera
suivie de bien d'autres que nous traiterons bientôt. Nous en avons
déjà recensés
sans mal 180 !
Mark WATKINS |
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"La France
est la première
destination mondiale du tourisme" |
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Avec
ses 77 millions de visiteurs touristiques étrangers
(on parle même à présent de 80 millions de
visieteurs étrangers, selon
l'OMT), on présente
depuis des années
la France comme "la première destination mondiale du
tourisme".
Pour autant, on sait (mais on oublie de le dire) que près
d'un tiers de ces touristes étrangers ne mettent les pieds
en France que parce que notre pays est un couloir européen
Nord/Sud pour transiter vers l'Espagne, le Portugal, l'Italie ou
encore le Maroc. Le mot "destination" est
donc totalement inadapté. L'Hexagone profiterait de ses
caractéristiques
géographiques et de son parfait équipement autoroutier
pour jouer un rôle prépondérant de "transporteur".
Cette
situation se confirme par le volume de recettes dépensées
par touriste, qui est étrangement faible en France. Ne
venant qu'en troisième position au niveau des recettes
touristiques globales derrière les Etats-Unis et l'Espagne,
la France est en réalité au 12e rang des dépenses
touristiques par visiteur. Même l'Autriche, petit pays
qui accueille presque 4 fois moins d'arrivées touristiques
que la France, obtient une dépense moyenne par visiteur
de 1.464 dollars contre 556 en France.
Recettes
moyennes par touriste étranger
en 2005, en dollars US : Etats-Unis : 1.653 $, Royaume-Uni
: 1.520 $, Autriche : 1.464 $, Allemagne : 1.387 $, Italie
: 972 $, Espagne :
863 $, Chine : 625 $, France : 556
$.
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"Les touristes qui viennent en France dépensent
peu"
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Y
aurait-il une sélection
impitoyable des touristes à nos
frontières pour ne choisir que ceux qui dépensent
peu ? Bien sûr que non. Le fait que les recettes moyennes
par touriste soient si faibles en France (553 $ contre le triple
aux Etats-Unis) se justifie par le fait que près de 1/3
des touristes étrangers comptabilisés à nos
frontières ne font que traverser la France et y dépensent
par conséquent peu d'argent. Car, les prix des produits
de consommation, de l'essence, de l'hôtellerie, de la restauration,
des entrées de musées, etc. ne sont pas particulièrement
moins ou plus élevés que dans les autres pays touristiques
occidentaux concurrents.
Et
les professionnels du tourisme comme les offices du tourisme
français, par leur façon
de travailler et de s'organiser, contrairement à des idées
reçues, ne
sont pas à l'origine
de la faible dépense par touriste. Les discours consistant à exhorter
les professionnels à s'arranger
pour vendre mieux et davantage (pour augmenter les recettes par
touriste), ne s'appuie sur aucun fondement sérieux.
En
somme, les touristes laissent moins d'argent en France parce
qu'ils y restent moins longtemps que dans d'autres destinations
touristiques où ils séjournent, alors qu'en France
beaucoup des "touristes" ne font que passer. |
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"La baisse de la TVA va créer
des emplois" |
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C'est
la grande bataille du moment en restauration, à coup
de promesses politiques d'un côté et de menaces
syndicales, de l'autre. Petit rappel : les deux derniers chefs
d'Etat ont promis une baisse de la TVA dans la restauration,
passant la taxe sur la prestation consommée sur place
de 19,6 % à 5,5 % (ou à un autre taux réduit). Les
syndicats professionnels, et en premier l'UMIH, ont promis
la création
d'au moins 40.000 emplois sur 3 ans en conséquence de
cette baisse de la TVA. Cette dernière
promesse est difficile à croire. D'une part, peu de
restaurateurs français sont syndiqués. On ne
voit pas comment les organisations patronales peuvent promettre
quelque chose à la
place des autres, y compris de leurs propres adhérents,
qui sont loin d'aller dans le sens de leur syndicat.
D'autre
part, plusieurs sondages de Coach Omnium auprès de restaurateurs, mais aussi
d'autres expertises dont celle de l'OCDE, confirment qu'une baisse
de la TVA en restauration ne créera quasiment pas d'emplois
nouveaux, sinon en facilitant "l'officiellisation" d'emplois
jusque-là non déclarés. Enfin, comment expliquer
que la profession dit souffrir d'une carence équivalente à 50.000
emplois non pourvus et que soudain, elle pourrait inventer 40.000
emplois nouveaux ? Cela reviendrait à dire que seuls les salaires
bas, caractéristiques à la restauration, seraient l'unique
cause de la désaffection en candidats à l'emploi dans
ce secteur. Malheureusement le problème est bien plus profond
et c'est tout un ensemble de conditions de travail nouvelles qu'il
faudrait trouver pour donner l'envie aux jeunes d'épouser
les métiers de la restauration commerciale.
Au
contraire d'une priorité à l'embauche, la cagnotte récupérée
par les restaurateurs, si la TVA devait baisser, servirait à se
rééquiper, à augmenter les niveaux de salaires
des employés (mais faiblement compte tenu des sommes collectées)
et des patrons-restaurateurs. Très marginalement à baisser
certains prix, selon les déclarations d'intentions des restaurateurs.
La création d'emplois nouveaux, les restaurateurs n'en parlent
que très peu. Ils préfèrent dans leur majorité organiser
leur travail de manière à ne pas être obligés
d'embaucher. Ou encore en restreignant les horaires ou les jours
de services, plutôt que d'augmenter encore leurs charges d'exploitation.
Près de 8 restaurants français sur 10 emploient moins
de 2 salariés, voire aucun. Enfin, on voit mal comment le
gouvernement pourra se contenter d'un manque à gagner en TVA,
estimé à 3,2 milliards d'euros par an en contrepartie
de la création de 40.000 emplois promis par l'UMIH en 3 ans.
Cela reviendrait à accepter qu'un emploi hypothétiquement
créé dans la restauration coûte 240.000 euros
aux contribuables français sur 3 ans.
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"87 % des Français sont favorables à une
baisse de la TVA en restauration" |
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…Si
l'on en croit BVA d'après un sondage auprès
de 1.005 personnes de 15 ans et plus qui a été réalisé en
décembre 2005. Le problème est que le sondeur n'est
pas allé plus loin dans son questionnement. Voilà un
sondage particulièrement utile qui sert sûrement l'intérêt
de quelqu'un ! En effet, a-t-on souvent vu les Français
dire qu'ils seraient contre une suppression d'impôt, hormis
quand il s'agit de l'Impôt sur les Grandes Fortunes ou des
Impôts sur les sociétés ?
A vrai dire, non.
Par ailleurs, le sondage oublie de dire que si la TVA pouvait baisser
en restauration, les Français aimeraient surtout retrouver
cette réduction directement dans les additions que
leur présentent les restaurateurs. Or, ces derniers ont davantage
l'intention, selon plusieurs enquêtes, de garder le pactole
pour eux et en tout cas de ne pas répercuter la diminution
de TVA, si elle devait intervenir, dans leurs prix ou alors si
peu. |
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"La baisse
de la TVA en restauration va relancer la consommation" |
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Comment
cela serait-il possible ? Supposons que les restaurateurs répercutent
l'intégralité de
la baisse de la TVA sur leurs prix, en les diminuant. Déjà cette
supposition ne tient pas car on sait que le différentiel
de TVA économisé servira à autre chose. Mais
supposons tout de même. Sur une addition moyenne de 17 euros,
cela représenterait un peu plus de 2 euros. Cela ne pourrait
que faire plaisir aux consommateurs de la restauration : 34 % du
public condamnent les tarifs trop élevés des plats,
des boissons ou plus généralement des repas, contre
17,3 % en 1998.
Même si les prix des menus et plats devaient être
diminués,
les consommateurs ne pousseraient pas davantage les portes des restaurants.
Déjà, les Français consomment de manière
considérable au restaurant, essentiellement parce que leur
mode de vie le leur impose (éloignement entre domicile et
travail, moins de temps pour déjeuner, etc.) ; mais aussi
parce que l'offre en restauration s'est élargie à tous
les prix, à toutes les formules. La restauration est ainsi
pour beaucoup de ses clients un acte subi. Aujourd'hui, presque
3,1 repas sont pris en moyenne à l'extérieur
du foyer par semaine et par ménage, contre seulement 1,9 en
1969. Nos restaurateurs servent chaque jour en moyenne 4,9 millions
de personnes (sans compter la restauration parallèle et la
restauration d'entreprises). Aller plus souvent au restaurant ne
s'envisage pas. Baisser les prix n'y ferait rien. On pourrait croire
que si les tarifs réduits n'attireraient pas plus les
clients, ces derniers pourraient au moins consommer davantage.
Cette option
n'est pas plus envisageable.
Déjà la possibilité depuis
quelques années de récupérer la TVA pour les
entreprises (qui représentent parfois jusqu'à 80 %
de la clientèle dans beaucoup de restaurants pour leurs déjeuners)
n'a pas gonflé le nombre de repas servis. Par ailleurs, la
tendance pour les Français de réduire le nombre de
plats, de ne plus consommer de vin et d'écarter les apéritifs
et digestifs au restaurant, n'a rien à voir avec un souci
budgétaire. En tout cas, le souci d'économiser est
très secondaire. Il s'agit là d'un comportement que
l'on observe également en Europe et aux Etats-Unis, qui correspond
aux styles de vie actuels : envie de se sentir mieux, attention pour
sa ligne, lutte contre l'alcoolémie au volant, manger plus
sain, etc. Le fait que les gens aillent plus souvent au restaurant
s'est traduit en contrepartie par un allégement de leur repas.
Quant
aux personnes qui ne vont jamais au restaurant, souvent pour
des raisons d'argent, le restaurateur
qui passerait sa côte
de bœuf sur la carte de 35 à 32 euros ne les fera
pas davantage venir chez lui. Pour autant, après
toute la médiatisation de la TVA en restauration, les
restaurateurs devront s'attendre à recevoir des coups
de bâton par leurs
clients et les médias, s'ils ne pensent pas à rétrocéder
une bonne partie de la cagnotte en baissant leurs prix, si
la TVA devait elle-même diminuer. |
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"La baisse de la TVA en restauration : une bouffée
d'oxygène pour les restaurateurs" |
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Certes,
récupérer un différentiel de TVA
entre 19,6 % et 5,5 % (ou autre taaux réduit) est forcément
appréciable
; cela va se résumer pour un restaurateur qui réalise
en moyenne 50 couverts par jour (c'est la moyenne nationale pour
les restaurateurs indépendants), par une économie
de plus de 12.000 euros annuellement. C'est toujours bon à prendre.
Mais comment a-t-on pu laisser croire aux professionnels que la
baisse de la TVA allait tout régler, qu'ils y trouveraient
la solution à tous leurs problèmes ? En vérité,
si les restaurateurs ne répercutent pas, le cas échéant,
la baisse de la TVA dans les prix, il s'agirait d'une véritable
injustice pour… leurs clients. Ce serait une confiscation
pure et simple, voire un détournement d'impôt. Car
la TVA est une taxe sur la consommation et chaque entreprise n'est
en réalité qu'un percepteur qui collecte la taxe
et la reverse aux services fiscaux. Une baisse de la TVA devrait
se transformer nécessairement par une baisse proportionnelle
des prix. Le vrai souci est que les prix de revient augmentent
mécaniquement d'année et en année et que les
prix de vente ne peuvent suivre le même mouvement, car le
public trouve déjà que les tarifs de la restauration
sont trop élevés.
Par
ailleurs, l'élargissement
de l'offre en restauration ne s'est pas laissé accompagner
par une augmentation du nombre de repas servis. Mais, par un
partage du gâteau entre davantage d'acteurs. Le
vrai combat pour
retrouver une rentabilité devrait être davantage
celui, évidemment, de retrouver et de développer la clientèle
donc, le chiffre d'affaires. Et du côté des frais d'exploitation,
d'obtenir une baisse des charges sociales sur les salaires. Même
si on peut penser qu'alors, seuls les grands restaurants employant
du personnel
seraient gagnants de cette mesure. D'où un sentiment potentiel
d'injustice. L'enjeu pour retrouver des clients, au lieu d'une
baisse de la TVA, devrait être celui de la qualité de
la prestation et de la cuisine que de plus en plus de clients
contestent. Quant aux restaurateurs, ils continuent à raisonner
en TTC, soit le prix payé par les clients. Cela les fait
penser que l'Etat leur ponctionne abusivement de l'argent et
les saigne.
La TVA n'est qu'un impôt que paient les consommateurs et
qui ne fait que transiter par les entreprises qui sont en charge
de les collecter. La TVA n'est donc pas une charge d'exploitation
et elle n'appartient pas aux restaurateurs. |
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"Les fast-food paient une TVA réduite
et les restaurateurs une TVA forte" |
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Toute
une polémique s'est installée depuis le démarrage
des débats sur la baisse de la TVA en restauration. Elle est
due, d'une part à une désinformation ou des mensonges
par omission par les syndicats professionnels. Elle s'est imposée,
d'autre part, par une méconnaissance du dossier par beaucoup
de journalistes. En réalité, les exploitants de fast-food
comme les restaurateurs sont logés à la même
enseigne en matière de TVA. Les uns comme les autres doivent
appliquer une TVA à 19,6 % pour tout repas ou boisson consommés
sur place et une TVA à 5,5 % pour tout achat emporté.
C'est très clairement exprimé dans le Code général
des impôts.
Evidemment,
dans les faits, les restaurants fast-food peuvent enregistrer
jusqu'à la moitié de leurs ventes à emporter
alors que c'est plus rare, voire inexistant chez les restaurateurs "classiques".
Mais, peut-on le reprocher aux premiers ? En même temps, on
peut s'interroger sur un système inégalitaire, non
pas entre prestataires car ce n'est pas le cas, mais par type de
prestation. Le service est ainsi bizarrement surtaxé (consommation
sur place), alors qu'il exige déjà un surcroît
d'investissement (aménagement de salles, matériel,…)
et un personnel plus nombreux. Autrement dit, le prix de revient
d'un service sur place est plus élevé que celui de
la vente à emporter et le premier est également plus
taxé.
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"Les clients
sont de plus en plus exigeants et de plus en plus radins" |
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Cela
revient à chaque fois comme une mélopée,
triste et répétitive : "les clients de nos restaurants
sont de plus en plus exigeants tout en étant radins".
Les professionnels qui s'expriment ainsi le disent comme pour excuser
leur incapacité à satisfaire leurs clients. Les consommateurs
sont effectivement mieux éduqués, plus alertes, plus
habitués à consommer, y compris en restauration.
Du
coup, ils savent mieux qu'un débutant comment débusquer
et reconnaître la bonne prestation de la mauvaise. Mais,
leur habitude de consommer leur permet aussi de savoir ce qu'ils
peuvent exiger, notamment en restauration. Comment admettre de
payer le prix fort pour un repas qui se compose au restaurant
de tout ce qu'on trouve chez soi, voire parfois en moins bon
? Servir, par exemple, une béarnaise ou une mayonnaise
industrielles, sans saveur, dans un restaurant ne peut pas plaire à des
clients qui ne sont pas dupes de la supercherie. Servir des eaux
minérales
en bouteilles de plastic comme ce que l'on trouve dans les supermarchés,
mais en payant 8 fois plus cher, est difficile à justifier.
Comment accepter de payer sans sourciller un 1/4 Perrier 6,40
euros ou un café à 2,30 euros dans une brasserie parisienne très
quelconque,
avec en prime un serveur antipathique et un mobilier usé et
sale.
Trouver
dans les menus enfants au restaurant des nuggets de poulet
et des frites identiques à ce
qu'on croise dans les hypermarchés
et que l'on prépare chez soi (prétaillées
et surgelées par le même industriel qui fournit
les hypermarchés) a de quoi décevoir. Par conséquent,
il faut reconsidérer les consommateurs comme des êtres
capables de faire la part des choses entre le bien et le mal,
entre le bon et le mauvais. Le restaurateur et le cuisinier ne
sont-ils pas des professionnels supposés apporter une
valeur ajoutée
? Quoi qu'il en soit, le client est prêt à dépenser
plus, à condition qu'on lui serve quelque chose de qualité.
Quant aux dépenses, n'a-t-on pas le droit d'avoir des exigences
en contrepartie du versement de son argent, durement gagné ?
Doit-on dans ce cas s'étonner que les Français prennent
de moins en moins le chemin des restaurants, si l'originalité et
la qualité de leur prestation baissent. Satisfaire
les clients ne suffit plus, il faut les enchanter pour les fidéliser. |
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"Les clients
ont pour seul critère
le prix" |
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On
entend souvent les hôteliers
et les restaurateurs dire que pour leurs clients, il n'y a que
le prix qui compte. Si ces derniers n'ont pas envie de dépenser
n'importe comment pour n'importe quoi, le critère du prix
pour choisir un restaurant ou un hébergement ne vient
généralement qu'en
4e ou 5e position. En fin de compte, c'est le rapport prestations/prix
qui tient une place prépondérante. Mais, on ne peut
le connaître qu'après avoir consommé. Enfin,
plus on achète dans l'économique, plus le critère
du prix prend de l'importance. Mais quand on est satisfait,
on oublie vite le prix. |
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"Il vaut
mieux avoir une chambre vide que de baisser ses prix" |
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Voilà une
déclaration
qui sort souvent de la bouche de bien des hôteliers ;
laquelle ne manque jamais de surprendre, voire de faire sourire.
Si on veut y comprendre "baisser
ses prix n'est pas la panacée
quand on cherche à gérer au mieux son hôtel",
cette position serait peut-être acceptable. Mais, il
s'agit le plus souvent d'un refus ferme et net de proposer
des réductions.
Comme si adapter ses prix aux règles du commerce était
indigne et dégradant. Généralement, ces
hôteliers
qui tiennent de tels propos ont des établissements qui
vivotent ou qui sont en souffrance économique. En définitive,
tout est une question de nuance, comme dans la vie. Une politique
tarifaire, pour obtenir les meilleures recettes et/ou taux
d'occupation (selon ce qu'on veut privilégier) se fait
avec des prix tantôt à la
hausse, tantôt à la baisse selon la nature et
le niveau de la demande du moment, ainsi que bien d'autres
paramètres.
Le problème est que la majorité des hôteliers
ne connaissent pas leur vrai prix de revient.
Aussi,
comment pourraient-ils être
si sûrs de la justesse de leurs prix de vente, qu'ils formatent
la plupart du temps à partir de ceux de leurs concurrents
(qui font la même chose qu'eux !) ? Par ailleurs, on a toujours
le sentiment qu'il y a très peu de stocks dans un hôtel
; or, ce sont les stocks qui coûtent le plus dans les
entreprises.
On
oublie que les
chambres d'hôtels sont un stock et une denrée
périssable,
même si cela ne se voit malheureusement pas comme pour
des aliments frais. Car, ces chambres ont été financées
par avance. Chaque nuit, les chambres qui n'ont pas été louées
sont jetées virtuellement à la poubelle. Une
location perdue ne se rattrape jamais. Par conséquent,
si on veut sauvegarder son image, il est certes prudent de
ne pas brader ses prix à tout
vent. Mais, il est encore plus sage de savoir jouer la souplesse
pour attirer les clients quand ils sont rares, quitte à trouver
des prétextes non dévalorisants pour justifier
des prix amoindris à certaines périodes, voire à partir
de certaines heures de la soirée.
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"Le petit-déjeuner
en buffet est un gouffre financier"
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On
pourrait croire que mettre en évidence, à portée
de mains, un grand nombre de produits pour le petit-déjeuner
va générer du gaspillage, pousser les clients à la
surconsommation et favoriser le besoin de jeter des aliments périmés à la
poubelle. Pour autant, la ferveur des clients d'hôtels à prendre
un petit-déjeuner en buffet est réelle. Plus de 80
% des clients d'hôtels préfèrent cette formule
plutôt que le plateau continental ou encore le petit-déjeuner
servi en chambre. Leur oter ce plaisir serait reproché aux
hôteliers. Alors qu'en est-il de la rentabilité d'un
buffet de petit-déjeuner ? Si effectivement placer beaucoup
de produits représente un coût plus élevé que
pour un plateau en chambre davantage formaté, l'hôtelier
s'y retrouve par une facilité de service, par un personnel
plus réduit en nombre et par le fait que 90 % des produits
sont récupérables, lorsqu'ils sont emballés
et tenus au frais sans rupture de la chaîne du froid pour
les aliments concernés.
Enfin,
servir moins de plateaux en chambres est non seulement
plus aisé pour le personnel,
mais cela évite également beaucoup de dégâts
dans les étages et donc d'obligations de nettoyage.
Bref, le buffet de petit-déjeuner est au final non
seulement rentable, mais il correspond pleinement à ce
que les clients attendent. Sachant qu'au final ces derniers
ne consomment que rarement plus que de raison. A condition
que le minima de règles de présentations,
d'hygiène et de service soit respecté : voir
l'ouvrage de Mark Watkins et Nelly Rioux "Adaptez
votre produit hôtelier à la clientèle". Voir également
notre synthèse
d'étude sur les
petits-déjeuners à l'hôtel.
Seule
exception pour justifier une absence de buffet de petit-déjeuner
: les petits hôtels avec peu de clients, car le buffet se justifie
surtout quand il y a du flux et un volume de clients suffisants.
Il faut se souvenir que le petit-déjeuner fait partie de la
prestation globale d'un hôtel et ne doit pas être considéré comme
un service à part, devant s'autofinancer.
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"Les clients d'hôtels consomment davantage au
petit-déjeuner à l'hôtel que chez eux"
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Si
les Français sont
réputés pour déjeuner
peu le matin, bien que cela progresse dans le bon sens, ils
sont unanimes, comme les touristes étrangers, à concéder
qu'ils consomment plus à l'hôtel que chez eux.
S'ils gardent globalement les mêmes habitudes qu'à la
maison (par exemple : on boit du café le matin qu'on
soit en voyage ou chez soi), le fait que l'on trouve à l'hôtel
une profusion de produits que l'on n'a pas chez soi, pour lesquels
on est pas obligé de
ressortir pour les acheter, est une tentation à laquelle
peu de gens résistent.
Enfin,
les hôteliers ne doivent pas
oublier que le petit-déjeuner reste désormais quasiment
la seule prestation hôtelière réellement
festive pour les clients d'hôtels. Il ne faut donc pas gâcher
ce plaisir en proposant une offre pauvre et dévalorisée.
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"Les
certifications (dont Hotelcert), visites-mystère ou
labels de qualité garantissent
de bons hôtels"
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Près
de 350 hôtels
français sont aujourd'hui
certifiés sur un total de plus de 18.000 établissements
classés. C'est peu, très peu. Mais au-delà du
fait que la certification a franchement le mérite d'exister,
ni les référentiels utilisés, ni les visites-mystère
pratiquées ne sont la plupart du temps le reflet de ce que
la "vraie" clientèle attend. On se contente de
vérifier la qualité de la prestation fournie au travers
essentiellement du service, au lieu de cerner la qualité perçue
par les consommateurs réels.
Car, cette dernière concerne aussi le produit. Par exemple,
il est surprenant de constater que des référentiels
ne citent que le fait que les téléviseurs dans les
chambres fonctionnent correctement et soient propres, sans se soucier
de la qualité de
l'offre télévisuelle,
ni du fait que sont présents des TV à petit écran
sur potence, qui déplaisent fondamentalement à la
clientèle. Les
démarches
qualité entreprises n'apportent pas la garantie
que leurs bénéficiaires sont de bons hôtels,
dans leur gamme. Ou proposent une prestation conforme à la
demande.
Les
visiteurs-mystère
et auditeurs employés sont rarement, très
rarement, des intervenants capables d'avoir un jugement juste
et professionnel. Certains cabinets d'audits emploient même
de très jeunes gens tout juste sortis de l'école,
voire des stagiaires, sans expérience,
pour auditer parfois des 4 étoiles qui ne reçoivent
jamais ce type de clientèle par l'âge. Mais, la plupart
des auditeurs n'ont aucune idée de ce que recherchent
réellement
les différents types de clients, par motifs de séjours.
Il serait possible de dresser un tableau fatalement très
noir des pratiques en matières de visites-mystère
et d'audits qualité.
A
quoi sert une certification si elle n'est pas connue par le
grand
public ? Ce qui est le cas. Enfin, une démarche
qualité consistant à faire réaliser 1 visite
par an, voire communément 1 visite tous les 3 ans, peut-elle sincèrement
être un acte crédible dans un métier de service
où tout est quotidiennement à recommencer
?
En
résumé, un hôtel peut être excellent sans être certifié.
Un hôtel peut être certifié sans être
excellent. C'est donc une affaire à suivre de très près. |
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"Le succès
pour un hôtel ou un restaurant
est l'emplacement" |
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La
fameuse phrase, trop souvent entendue et répétée,
attribuée à Conrad Hilton : "3 choses font
le succès d'un hôtel : l'emplacement, l'emplacement
et l'emplacement" est tout ce qu'il y a de plus
faux et absurde. Bien sûr,
un hôtel ou un restaurant faciles à trouver, très
visibles et d'accès aisé forment un avantage concurrentiel
indéniable. D'ailleurs, dans le choix d'un hôtel,
pour la clientèle de loisirs et surtout pour la clientèle
d'affaires, la localisation de l'établissement vient en
premier critère de choix. Mais, si seul l'emplacement
suffisait, cela se saurait.
La
qualité de
l'offre, la qualité de
l'accueil, la performance commerciale, les qualités du
management et du personnel, une gestion intelligente et rigoureuse,
etc. sont autant de composantes sans lesquelles une entreprise
de service ne peut se soustraire pour s'assurer une pérennité.
Méfions-nous par conséquent des images que l'on
véhicule
trop facilement. Elles demandent une franche
réflexion pour ne pas tomber dans le ridicule.
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"No parking,
no business" |
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Dans
une époque du tout automobile, comment pourrait-on
imaginer qu'un restaurant ou un hôtel puissent fonctionner
sans un parking intégré ou à proximité ?
Bien sûr, pour les hôtels et les restaurants qui accueillent
une clientèle de voyageurs en avion ou en train, le nombre
de places de parking a moins d'importance. Mais, ne pas disposer
d'un parking du tout est un handicap totalement nuisible pour la
bonne marche de l'établissement. Il en va de même
pour les prestataires qui accueillent et traitent des groupes de
tourisme, il leur faut à moins de 100 mètres un ou
des emplacements pour garer les autocars. |
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"Les clients
des restaurants ne consomment plus" |
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En
vérité, ils consomment toujours, mais par souci
de santé et de bien-être, ils ont considérablement
réduit leur consommation au restaurant en nombre d'articles,
comme on dirait pour un magasin. Ils ont aussi souvent moins faim
aux heures des repas, car 3/4 des Français disent s'adonner
au grignotage avec une moyenne de 5 prises alimentaires par jour
(contre 7 pour les Américains).
Ainsi,
2/3 des consommateurs optent pour 1 à 2 plats seulement,
dans les repas courants (hors repas de fêtes). 51 % prennent
régulièrement
ou occasionnellement de l'eau minérale, 38 % du vin bouché (71
% le soir), 13 % du vin en pichet. 27 % commandent un apéritif
surtout le soir et les digestifs sont globalement passés à la
trappe. Il faut expliquer aussi que le nombre de repas pris hors
foyer ayant considérablement augmenté (3,3 par
semaine et par Français actif contre 1,9 en 1969), aller
davantage au restaurant induit fatalement une réduction
du contenu des repas et des dépenses moyennes par repas.
Le budget de loisirs et les notes de frais tendent à diminuer
sérieusement. |
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"Les Français
trouvent que les restaurants sont trop chers" |
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Si
76 % des consommateurs pensent que les prix sont globalement
acceptables en restauration, c'est
parce qu'ils choisissent en amont les établissements où ils
prendront leurs repas. Ils savent pas conséquent à peu
près
pour combien ils vont dépenser. Mais, beaucoup sont désagréablement
surpris quand ils reçoivent l'addition. Ainsi, pour 52 %
des clients de restaurants, les vins sont trop chers ; pour 60
% l'eau minérale est surfacturée et pour 42 % les
desserts ne méritent pas les prix qu'on leur attribue. |
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"Les jeunes
ne veulent plus travailler dans la profession" |
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C'est
un paradoxe que de dire que les jeunes ne veulent plus travailler
dans le secteur des CHR : il suffit d'aller dans les
hôtels et les restaurants pour se rendre compte que la très
grande majorité du personnel, sinon la totalité hormis
le patron, se compose de jeunes femmes et hommes, que l'on trouve
dans quasiment tous les services. Cependant, le turn-over, dans
les chaînes comme chez les indépendants, est impressionnant.
De la même manière, il n'y a en moyenne plus que 1/5e
des anciens élèves des écoles hôtelières
qui sont encore dans la profession 5 ans après avoir reçu
leur diplôme. Les jeunes sont donc là, mais ne souhaitent
pas y rester. Mais, qu'ont fait les professionnels pour attirer
et retenir les
jeunes
?
Probablement
le contraire de ce qu'ils auraient dû faire. Ce n'est
pas tant les horaires et les jours de congé décalés que refusent
les jeunes. Même les salaires particulièrement bas
dans la profession ne sont pas des obstacles pour les débutants.
Ce sont les conditions de travail avec des journées à rallonge
sans compensation, le rejet d'une certaine servitude et surtout
le manque de considération à leur encontre, qui font
que la profession n'est pas perçue comme très sexy
par les jeunes. Pourtant, l'exemple de la revalorisation de la
cuisine par les grands chefs a permis de faire fleurir des vocations
chez les jeunes. Pourquoi ne peut-on réussir cela dans
les autres services ? |
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"L'hôtellerie
et la restauration sont un ascenseur social" |
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Si
entrer dans la profession est relativement facile pour les
jeunes tant le secteur manque de bras, si les exigences en
matières
d'études et/ou de formation sont généralement
basses (sauf dans le luxe et pour certains postes précis
: cuisine, encadrement, réception), on ne peut plus dire
que l'hôtellerie et la restauration permettent à des
débutants de gravir rapidement les échelons de la
hiérarchie. Il n'y a que 8 % de cadres dans la profession
contre 19 % dans l'ensemble des services. Les jeunes qui avaient été nommés
directeur d'hôtels de chaînes à 25 ans, le sont
encore aujourd'hui 20 à 30 ans plus tard. Comparé aux
années 1970 et 1980, il se crée désormais
peu d'établissements nouveaux et par conséquence
naturelle, il y a peu de nouveaux emplois d'encadrement. L'hôtellerie
et la restauration manquent de personnel d'exécution et
a un trop-plein de personnel d'encadrement. Pour autant, ici comme
ailleurs, il n'en demeure pas moins vrai qu'un jeune employé particulièrement
motivé, impliqué et travailleur pourra obtenir des
responsabilités et des hausses de salaires plus vite que
d'autres, qui ne déploieraient pas ces qualités. |
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"Les enfants
ne veulent plus reprendre l'affaire familiale" |
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C'est
là un drame de la profession qui est doublement injuste.
D'un côté les droits fiscaux de succession en France étaient
jusqu'en février 2006 particulièrement élevés
et défavorisaient d'une façon parfois insurmontable
la transmission d'entreprises. De l'autre côté,
les enfants d'hôteliers et de restaurateurs ne veulent
plus reprendre l'affaire familiale quand sonne la retraite de
leurs parents. Beaucoup
disent avoir trop vus leurs parents suer sang et eau, s'accordant
peu de vacances et de repos, pour ne pas avoir envie de vivre
la même vie qu'eux. Parallèlement, la rentabilité des
entreprises d'hôtellerie et de restauration s'est nettement
dégradée depuis ces 15 dernières années,
avec des conditions d'exercice handicapantes et des obligations
d'investissements à la hausse, qui ne poussent pas les successeurs à se
battre pour reprendre l'affaire familiale. Enfin, parfois malgré eux,
les professionnels ont poussé leurs
enfants à suivre des études non hôtelières
sachant par avance qu'il y aurait peu de chances pour que leurs
descendants leur succèdent. Cette carence dans les transmissions
d'entreprises est surtout un problème dans les campagnes
et pour les petites exploitations, qui bien souvent sont alors
vouées à disparaître
purement et simplement, après que parfois 3 générations
les aient animées.
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