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"Les palais
des congrès souffrent d'un manque d'hôtels 3 et/ou
4 étoiles" |
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La
clientèle des congrès et conventions
d'entreprises, mais aussi des séminaires, demande à être
hébergée quasi exclusivement dans des hôtels
3 et 4 étoiles. Les villes qui se sont dotées d'un
palais des congrès —- il y a plus de 120 centres
de congrès en France —- souffrent dans leur grande
majorité d'un manque d'hôtels de ces catégories.
Dans d'autres cas, les hôtels existent, mais ils fonctionnent
souvent correctement et n'ont pas d'intérêt à ouvrir
leur planning à une clientèle, comme celle des
congressistes, qui ne paie pas le plein tarif. Enfin, l'offre
hôtelière de la ville peut également se composer
d'un grand nombre d'établissements, mais de petite taille.
Or, les organisateurs de manifestations ont besoin de pouvoir
concentrer leur public dans un nombre restreint d'hôtels,
donc de grande capacité. Toutes ces raisons font que les
palais des congrès perdent régulièrement
des commandes de manifestation par carence en hébergement
adapté.
En
guise de réponse, beaucoup de villes aimeraient créer
des hôtels haut de gamme, de grande capacité. Le
problème qu'elles rencontrent est alors triple. En premier,
il est de plus en plus difficile de trouver des investisseurs
pour ce type d'établissement, y compris, voire surtout,
par les groupes hôteliers, qui n'investissent quasiment
plus en propre. En second, on s'aperçoit que si ces hôtels
supplémentaires correspondent à un besoin par rapport à la
clientèle de congrès/conventions, le nombre de
journées qui pourraient les remplir demeure presque toujours
trop faible (entre 40 et plus rarement 80 jours par an). Ces
hôtels devraient alors trouver, pour se rentabiliser, une
clientèle de complément (individuels affaires,
clientèle de loisirs), qui n'existe généralement
pas en suffisance. Enfin, en troisième obstacle, le seul
fait d'évoquer la création d'un ou de plusieurs
hôtels de grande capacité dans une ville, met littéralement
en ébullition et en climat de révolte la profession
hôtelière déjà en place. La plupart
des maires n'osent donc pas aller plus loin. Cela pose par conséquent
le problème de tous ces centres de congrès qui
ont été conçus (entre 1980 et 2000, quatre-vingts
nouveaux centres de congrès ont été créés
sur tout le territoire national et dans les Dom-Tom), sans prendre
en compte la dimension globale de l'offre à fournir, comprenant
l'hébergement. On pensait alors que ces palais des congrès
garniraient les hôtels de la ville sans se demander si
ces derniers seraient adaptés à la demande. Enfin,
sur la masse, seulement un palais des congrès serait rentable
par lui-même en France.
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"La petite hôtellerie
fait la force et le charme du tourisme français"
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Notre
offre hôtelière française est, parmi
ses points forts, d'une grande diversité. Il y en
a finalement pour tous les goûts et pour presque tous les
budgets. Sa caractéristique est de se composer de nombreux
petits hôtels : l'hôtellerie indépendante
en France (86 % des hôtels classés, sur un total
de près de 18.000) possède en moyenne 26 chambres,
contre 79 pour les chaînes intégrées, ce
qui donne une bonne notion de la différence d'envergure
entre ces deux formes d'hôtellerie.
Qu'entend-t-on
par « charme » de
la petite hôtellerie ? Ce qui est petit a en effet
généralement
davantage de charme que ce qui est très grand. En hôtellerie,
il en va de même si on compare une petite auberge à l'allure
de maison accueillante, avec un hôtel de grande capacité dans
une zone industrielle, aux allures architecturales moins avenantes.
Beaucoup d'hôteliers indépendants, pour se
distinguer des chaînes, disent "avoir un décor
personnalisé".
C'est souvent vrai ; mais parfois la personnalisation
n'a pas que du bon, quand on voit le résultat sur
place... Quoi qu'il en soit, le tourisme français
a besoin de cette petite hôtellerie qui plaît à la
clientèle de week-end, aux seniors et à bien d'autres
publics. Cependant, si sa présence se justifie pleinement
sur le plan marketing, c'est rarement le cas sur le plan économique.
En dessous de 45 chambres, en moyenne selon les gammes, voire
60 chambres en super-économique, un hôtel trouve
rarement sa nécessaire rentabilité. Avec près
de 90 % de charges fixes, plus l'hôtel est grand,
mieux il parvient à les amortir. Par ailleurs, plus il
y a de chambres et plus l'établissement peut travailler
avec des cibles de clientèles complémentaires (groupes,
séminaires,
le cas échéant, etc.), lui permettant ainsi de
bénéficier
paradoxalement de meilleurs taux d’occupation que pour
les petits hôtels. |
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"Les
résidences de tourisme sont une concurrence déloyale
pour l'hôtellerie" |
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Il
y a aujourd'hui près de 1.300 résidences
de tourisme en France, contre 500 il y a 12 ans. Il est difficile
de dire que les résidences de tourisme sont réellement
une concurrence déloyale à l'hôtellerie,
dès lors où les unes et les autres sont globalement
soumises au même code du commerce que les hôtels.
Mais il est vrai que les résidences de tourisme ont
moins d'obligations réglementaires à respecter
que les hôtels, ou en tout cas, celles-là sont moins
drastiques. Par exemple, et ne pouvant tout décrire
ici, n'étant
pas strictement considérées comme des ERP (établissement
recevant du public), les résidences de tourisme n'ont
pas à mobiliser un personnel 24 heures/24, dont un veilleur
de nuit. Le service du petit-déjeuner n'est pas non
plus obligatoire, tout comme d'autres services hôteliers.
Sur le plan des montages financiers, les résidences
bénéficient de conditions spéciales en
termes de fiscalité, qui leur apporte des facilités
de financements, dont ne profite plus l'hôtellerie depuis
janvier 1996. Enfin, la création de résidences
de tourisme classées échappe à l'obligation
de faire une demande préalable auprès des CDEC,
contrairement aux hôtels de plus de 30 chambres en province.
Ces
dérogatiosn sont d'autant plus surprenantes qu'une
résidence peut finalement travailler comme un hôtel,
en recevant une clientèle à la nuit ; ce que
confirme la réglementation. Autrement dit, les résidences
bénéficient d'une plus grande souplesse que
l'hôtellerie
et au final de moins de charges obligatoires d'exploitation.
Il y a donc une panoplie de réels avantages pour elles
en termes de création et de "logistique d'exploitation".
De quoi leur permettre de vendre à plus bas prix ou
du moins de bien rentabiliser leur affaire. Il peut donc
y avoir sur ce point de vue une distorsion de concurrence
entre
l'hôtellerie et les résidences de tourisme.
Quant à l'aspect marketing, c'est-à-dire l'adaptation
d'une offre à une demande, on ne peut pas parler de concurrence
déloyale dès lors où les hôtels et
les résidences ne captent pas, dans les faits, les mêmes
clientèles. Les motivations d'achat et les attentes des
deux types de marchés sont différentes. La preuve
est donnée que la multiplication des résidences
de tourisme, y compris celles qui s'orientent dans les centre
villes vers la clientèle d'affaires, n'ont pas fait chuter
les taux d'occupation des hôtels, contre toute idée
reçue. Cela s'observe dans toutes les grandes villes de
France. Les résidences restent majoritairement demandées
par une clientèle qui a des besoins de moyens et de longs
séjours (cadres en mutation, chercheurs, collaborateurs
d'entreprises en missions de quelques mois, vacanciers,…),
avec une grande autonomie. Les séjours à la nuit
y sont rarissimes, à l'inverse de ce que croient les hôteliers.
L'hôtellerie est au contraire mal adaptée pour les
longs séjours.
Aussi,
c'est la grande tarte à la
crème du moment que de chercher, après les
chambres d'hôtes, à accuser les créateurs
de résidences
de tourisme du malheur des hôteliers. On peut cependant
se demander si des aménagements dans la réglementation
ne seraient pas à faire pour que les résidences
de tourisme et les hôtels aient les mêmes obligations
et les mêmes avantages. Pour autant, il serait malveillant
de parler pour les résidences
de tourisme de concurrence déloyale et
encore moins de paracommercialiseme, puisque c'est la
loi qui leur donne accès à un cadre particulièrsement
avantageux.
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"Les
groupes hôteliers sont devenus des financiers" |
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Bien
que restant des sociétés
de services, les groupes hôteliers, parmi les plus imposants,
sont effectivement devenus de vraies sociétés financières.
L'actionnaire impose désormais sa loi, ce qui fait que
les temps ont bien changé depuis ces dernières
décennies, avec une métamorphose du marché et
de ses conditions de fonctionnement.
Pour ne parler que de la France, tous les groupes de tourisme
et d'hôtellerie étaient à leur
création et ce durant des années dans un capitalisme
paternaliste et/ou familiale : Accor, Louvre Hotels, Club Med,
Pierre & Vacances, Nouvelles Frontières, B & B,….
Depuis en moyenne les années 1980 et après, ils
sont devenus des entreprises intégrant un capitalisme
de marché. Soit, ces entreprises sont entrées en
bourse, soit elles ont ouvert leurs portes à des sociétés
d'investissements pour épauler
leur développement,
soit les fondateurs ont cédé leur entreprise (ou
ont été contraints de la céder) à des
structures à vocation uniquement financière.
Et
cette situation a connu un coup d'accélérateur avec l'entrée
massive durant ces dernières années des fonds de
pension avec des velléités spéculatives
clairement affirmées. Si l'argent frais apporté par
ces nouveaux partenaires était le bienvenu, la présence
majoritaire des financiers changent considérablement les
conditions de fonctionnement des groupes hôteliers. Ils
doivent désormais développer une rentabilité forcenée,
avec des objectifs souvent difficiles à satisfaire. Et
les moyens sont rarement débloqués pour rénover
les parcs hôteliers, qui en ont pourtant besoin. Pire,
plus aucune stratégie à moyen ou long terme ne
peut se mettre en place. Cela ne peut que détacher le
personnel et les cadres, et créer chez la clientèle
un malaise du fait d'un flou dans l'offre hôtelière.
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"Les
touristes étrangers aiment avant tout notre cuisine (française)" |
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La
valeur gastronomique de la France n'est sans doute pas une
légende et à interroger les touristes étrangers,
c'est pour eux, un des attraits justifié ou non de notre
tourisme. Les étrangers sont généralement
désireux de goûter à notre cuisine, même
si certains plats sont davantage du domaine de la curiosité que
bien des visiteurs ne seront pas amenés à vouloir
tester, tels nos fameux escargots ou cuisses de grenouilles,
voire notre foie gras.
Dans
les faits, on se rend compte que passé les premiers
jours de leur voyage où nos
contemporains étrangers sont d'accord pour découvrir
notre gastronomie dans ce qu'elle a de plus caractéristique,
la suite se résume généralement à retrouver
leurs propres habitudes alimentaires. Car notre cuisine, quand
elle est franchement différente de celle à laquelle
sont habitués les étrangers, n'attire pas forcément
tant qu'on peut le croire. Certains touristes étrangers
sont même dubitatifs, méfiants ou mal à l'aise à l'égard
de notre offre culinaire, tels que les Chinois, les Japonais
ou même les Britanniques. Aussi, on se rend compte qu'une
gastronomie mondialisée ou une restauration internationale
s'imposent finalement pour plaire aux visiteurs étrangers.
Il ne faut donc pas s'étonner de trouver dans nos villes
des Américains chez McDonald's ou des Allemands dans
des brasseries alsaciennes, loin de nos petites tables typiques, à la
carte bien française. |
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| "L'arrivé d'un nouvel hôtel
fait disparaître la petite hôtellerie" |
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On aurait pu dire que cette
complainte est vraie tant elle semble logique : plus il y
a de mangeurs et moins les parts du gâteau sont grosses
pour chacun. Ce serait mathématiquement
défendable. La mise en place de la Loi Raffarin sur l'hôtellerie
en juillet 1996 (*), a d'ailleurs eu pour principal souci d'éviter
justement que l'accroissement des parcs hôteliers ne viennent ôter des emplois et faire disparaître des établissements
déjà sur sites. Mais, l'observation des marchés
hôteliers prouve au final le contraire. Bien sûr,
on aura à cœur de garder une sorte de proportion
d'hôtels correspondant au volume de la demande.
Mais,
on se rend compte que la création de zones hôtelières à l'entrée
des villes et l'enrichissement de l'offre en hôtels neufs
ou profondément rénovés dans la plupart
des agglomérations ont réactivé la fréquentation
hôtelière. Autrement dit, plus il se créait
d'hôtels, plus les taux d'occupation ou le nombre de nuitées
progressaient. Ce phénomène
n'est bien sûr pas directement lié à l'augmentation
quantitative de l'offre, mais à une amélioration
en parallèle des accès des villes (TGV, autoroute,
aéroport,…), à une hausse de la création
d'entreprises notamment dans le tertiaire (qui ont souvent besoin
d'une hôtellerie de proximité) et à une élévation
du niveau de qualité de l'hôtellerie.
On
accuse également les hôtels de chaînes
de prendre de la clientèle aux hôteliers indépendants,
comme on parlait des hypermarchés venant fermer massivement
les petits commerces. Or, on sait que la majorité (environ
2/3) de la clientèle hôtelière n'a pas de
préférence entre les chaînes et les indépendants.
Leurs critères de choix d'un hôtel, selon leurs
motifs de séjours, dépassent cette définition
et s'inscrivent plutôt sur des registres liés au
confort, à l'emplacement et aux prix.
Pour
autant, il faut reconnaître que depuis 15 ans, beaucoup
de petits hôteliers indépendants ont disparu du
paysage touristique français. Mais, ce n'est pas l'arrivée
de concurrents qui les ont "tué". La cause
de leur disparition se situe dans leur incapacité à se
moderniser (notamment parce que ces unités sont trop
petites pour dégager
des moyens de réinvestir), dans un manque de qualité des
prestations et dans une lente inadaptation de leur offre aux
attentes de la clientèle. Cette dernière est raisonnée.
Pas folle, elle choisit en toute logique le meilleur rapport
qualité/prestation/prix et le confort le plus moderne.
C'est la raison pour laquelle le travail des CDEC consistant à défendre
la sauvegarde de la petite hôtellerie en empêchant
la création,
voire l'agrandissement d'hôtels neufs, est injuste si elle
ne s'appuie que sur un comptage quantitatif de l'offre concurrente,
sans s'intéresser à l'état des produits
hôteliers sur place et notamment à leur niveau de
vétusté/modernité.
En résumé, un bon hôtel, bien commercialisé,
avec une prestation adaptée à la clientèle
n'a pas de raison de s'inquiéter de la venue de concurrents.
En revanche, un hôtel à bout de souffle, au confort
fatigué et aux prestations "limites" ne pourra
jamais résister face à l'arrivée d'hôteliers
plus professionnels.
(*)
obligeant un hôtelier à demander une autorisation
d'exploiter auprès de la Commission Départementale
d'Equipement Commercial (CDEC) pour les créations et extensions
d'hôtels de plus de 30 chambres en province et 50 en Ile-de-France. |
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