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la page N° 2
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"Il suffit
d'aller à l'étranger pour voir des hôtels moins bien que les
nôtres" |
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Le
Comité
pour la Modernisation de l'Hôtelelrie Française a
dénoncé le retard de modernité de nos hôtels classés français
: 1/4
du parc très vieilli, voire vétuste, et 1/3 à bout de souffle
dans son produit, soit la bagatelle de plus de 10.000 hôtels
! Ses
détracteurs lui rétorquent que notre hôtellerie n'est pas si
mal que cela, notamment en prenant en compte ses prix, si on
la compare avec celle du Royaume-Uni, d'Italie et de bien d'autres
pays européens cités. Encore faudrait-il établir des comparaisons
plus "scientifiques". Bon.
Mais
en se mettant à la place du principal intéressé — le client
d'hôtel —, que lui importe quand il séjourne dans un hôtel
d'une ville française, décevant par son équipement, son confort
et
son état de propreté, que
les hôtels hongrois, polonais ou italiens soient éventuellement
pires ? Et puis ce n'est pas parce que cela serait pire ailleurs,
qu'il faut se contenter de la médiocrité de sa
propre offre, non ?
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"Les professionnels
de l'hôtellerie et de la restauration sont individualistes"
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En
fait, ils
le sont dans leur grande majorité comme l'ensemble des Français
! Plus concrètement, plus de 60 % des hôteliers classés et
la quasi totalité des hôteliers non classés n'adhèrent à aucun
réseau (chaîne volontaire ou intégrée), ni à aucun système
promotionnel mutualisant. Ce chiffre est encore plus prononcé
(plus de 90
%) chez les restaurateurs.
Le
taux
de syndicalisation
est lui aussi symbolique, quoi que nous font croire les syndicats
professionnels. Le volume d'adhésion des professionnels aux
certifications, aux labels et au Plan Qualité tourisme est
particulière ridicule, lui aussi.
Enfin,
il est convenu d'observer que les adhérents à des groupements
ou clubs hôteliers demeurent
dans leur majorité très passifs et peu participatifs, donc
individualistes. De nombreux adhérents de nos syndicats y
sont uniquement pour bénéficier de réductions
diverses (Sacem, etc.), sans conviction pour la cause du syndicat
auquel ils ont souscrit.
Cet
isolement des professionnels de l'hôtellerie et de la restauration,
qui est propre à un secteur à caractéristiques artisanale
et traditionnelle, est davantage un problème qu'un avantage.
Cela ralentit la modernisation de la profession, diminue les
capacités
d'échanges
pour s'améliorer et crée les conditions d'un manque d'informations
constructives et utiles. On continue à regarder ses confrères
comme des concurrents, voire comme des adversaires. L'atomisation
de l'offre favorise fortement une désorganisation de la branche
et une perte de
crédibilité
auprès
du grand public, des pouvoirs publiques et des banques. Cela
rend le tout contre productif. Car les professionnels faisant
partie de réseaux s'en sortent généralement mieux économiquement
que ceux qui restent totalement indépendants.
Et
ce goût pour l'indépendance ne date pas d'hier ; il se résume
à la peur du devoir d'allégeance ou à de l'ingérence, à de
la méfiance gratuite et aux oursins dans les poches pour accepter
de payer
des redevances.
Ce sont les jeunes professionnels qui arrivent sur le marché
qui comprennent le mieux l'importance de ne pas rester isolé.
A
l'inverse, d'autres
secteurs touristiques ont pourtant réussi à se désisoler comme
l'hôtellerie de plein
air, voire les résidences de tourisme, ce qui les a aidé
à retrouver des clients, une rentabilité et une plus grande
sérénité dans leurs exploitations. |
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"Les
conseilleurs ne sont pas les payeurs" |
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C'est
vrai si l'on considère qu'un conseiller n'est pas là pour
prendre des décisons à la place de son client. Mais, la profession
hôtelière est parmi celles qui ne font presque jamais appel
à des experts, des consultants spécialisés, des décorateurs,
des juristes, des sociétés de conseil,… Seul leur expert-comptable
trouve grâce aux yeux des exploitants, à qui ces derniers
demandent toutes sortent d'informations, y compris celles
pour lesquelles
l'expert-comptable n'a aucune compétence !
Les
CHR sont donc plutôt des gens à tout faire, les rois de la
débrouille, et préfèrent "bricoler" eux-mêmes plutôt que
de se faire conseiller par un homme de l'art. Cette situation
est due en partie à
des aspects purement financiers où l'on peut comprendre que
pour
de petites exploitations payer plusieurs milliers d'euros
d'honoraires pour une assistance ou des conseils peut sembler
difficile à assumer. Il y a ensuite les freins culturels
qui interdisent l'appel à des tiers aidants. Mais ce ne sont
pas seulement les petites exploitations qui bloquent dans
l'appel aux conseils. Les grands groupes d'hôtellerie et
de restauration font eux aussi peu appel à des sociétés de
conseil, sinon pour les visites-mystère, le design
ou la finance.
Cette
situation de se passer des experts peut avoir
une incidence parfois catastrophique quand par exemple on
crée un hôtel sans
étude
de marché/faisabilité
préalable faite par un spécialiste (chose très courante),
quand on décore soi-même son établissement avec des matérieux
non
adaptés
à l'hôtellerie
ou à la restauration
(usure rapide, carence dans la sécurité, méconnaissance des
attentes de la clientèle…), quand on recrute seul du personnel
d'encadrement dont dépendra
en
partie l'avenir
de l'établissement, quand on se fait conseiller par un fournisseur
fatalement pas toujours désintéressé,…
Les
conseils et les experts représentent certainement à la base
un coût, mais peuvent apporter beaucoup pour ne pas se tromper,
pour
gagner
des clients et pour faire des économies. Quand un consultant,
après une étude de faisabilité sérieuse, conclut qu'un projet
d'hôtel n'a aucune chance à terme de trouver sa clientèle,
n'est-ce pas un
investissement qui fera faire beaucoup d'économies
en fin de compte ?
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"Les
millions de touristes étrangers ne sont pas des masochistes
en choisissant la France" |
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Cela
ferait beaucoup de masochistes ! Si la France est une destination
mondiale touristique majeure, sans compter la clientèle touristique
domestique qui est 2 fois plus nombreuse à silloner nos routes
et à fréquenter nos hôtels et campings, c'est évidemment bien
parce que notre pays a des atouts considérables et attractifs,
sans
oublier
son avantage géographique comme couloir européen
nord/sud.
Mais
est-ce que les touristes — heureux de venir en France — n'ont
pas pour autant de raisons de se plaindre de nos restaurants,
de
notre
accueil,
de nos
hôtels, de nos
taxis,
etc. ? Les successions d'enquêtes le confirment. On peut
aimer l'offre principale, sans aimer forcément ses offres périphériques
!
Il faut par
conséquent
que toute
la chaîne de notre parc touristique s'améliore, et que l'on
cesse de compter uniquement sur la beauté de nos paysages,
sur la qualité de nos musées, sur notre art de vivre et
sur la richesse de nos monuments historiques. Il en va du plaisir
et de la
satisfaction
gloable
de nos visiteurs et de leur capacité à développer un bouche-à-oreille
favorable et une envie de revenir. C'est par conséquent
un souci d'avenir de la profession.
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"On ne
trouve plus de personnel qualifié" |
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C'est
sans doute vrai à en croire les exploitants des CHR… et aussi
leurs clients. Mais, est-ce que la profession et l'éducation
nationale au travers de la formation initiale se donnent correctement
les moyens de le trouver (ou le former) ce personnel qualifié,
de le séduire,
de lui
donner envie
de rester et de choisir ce métier dans la durée ? Encore un
sujet sur l'avenir de la profession qui n'a pas vraiment trouvé
de
chevalier
blanc
capable et désireux d'y travailler sérieusement. |
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| "La RTT est bonne pour le tourisme" |
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On
aurait aimer le croire, surtout aux débuts de la RTT (plus
de temps de libre, donc davantage de tourisme), mais les faits
démontrent bien le contraire. Hormis quelques jolies destinations
de week-ends et notamment pour une population plutôt argentée,
nos hôtels et nos restaurants ont plutôt vu les clients venir
moins nombreux et moins souvent, surtout depuis quelques années.
Les lundis et les vendredis, voire parfois les mercredis (dans
les restaurants)
sont des
jours moins fréquentés.
Du
coup, surtout en hôtellerie, on rencontre une
sur-demande, donc un étranglement, durant les milieux de
semaines (seulement) avec la clientèle d'affaires et les séminaires,
sans que les
week-ends
soient
pour autant
plus demandés qu'auparavant, faute de moyens de la clientèle.
L'idéal serait un lissage de la demande. D'autant
que
le temps libre
ne s'est pas accompagné d'une augmentation des revenus disponibles.
Or,
les loisirs
touristiques et gastronomiques sont le premier poste de dépense
des ménages que l'on sucre quand il s'agit de sacrifier
du budget.
Il
y a certes plus de séjours de consommés, mais infiniment moins
longs que par le passé et les budget de restauration, durant
les
week-ends
et les vacances se sont réduits considérablement, avec un snacking
le midi où les déjeuners traditonnels ont tendance à sauter
et où de toute façon les compositions de repas se sont allégés.
Donc, on dépense moins.
Enfin,
les cadres, parmi les premières populations qui fréquentent
les restaurants et les hôtels, étant débordés depuis la mise
en place de la RTT dans leurs entreprises, se donnent
moins de temps pour leurs déjeuners (et préfèrent la restauration
parallèle plutôt que les longs déjeuners d'affaires) et
raccourcissent
tant qu'ils le peuvent leurs déplacements professionnels. |
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| "Un client qui me
fait une réclamation me fait un cadeau" |
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Si
l'on considère
que pour 100 clients mécontents,
selon l'importance de leur insatisfaction :
- 75 partent sans rien dire (mais en parleront souvent
autour d'eux),
- 20 à 25 se plaignent plus ou moins sur place,
- de 2 à 5 seulement écrivent au top manager, voire
à des guides,
…et
que la non qualité coûte entre 20 et 30 % du chiffre d'affaires
d'un restaurant ou d'un hôtel, on peut alors penser
que chaque client qui exprime son insatisfaction (la face visible
de l'iceberg) rend un sacré service à l'exploitant. Comment savoir
sinon comment se
déroule
la marche de l'entreprise si on navigue en aveugle ? Car ce que
rapporte le personnel sur la satisfaction des clients ne peut
jamais être considéré comme fiable.
Mais
si encourager le client à s'exprimer
et l'écouter
sont une
chose
importante,
il ne faut pas se cacher derrière des questionnaires qui n'apportent
généralement aucune information qualitative suffisante. Enfermer
ses clients en leur demandant par écrit, par des cases à cocher,
si l'accueil ou le service étaient bons ou mauvais ne vous apportera
aucune donnée utile pour bien conduire la démarche qualité de
votre
affaires. Pourtant ce genre de questionnaire se rencontre partout,
mais… ne sert pas à grand chose. |
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| "Les visites-mystère
sont le bon système pour développer la qualité" |
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Oui,
sûrement, mais pas seulement. D'une part, il faut que les visites-mystère
soient faites avec professionnalisme. Ce n'est
pas parce que l'on confie ce travail à un bureau d'études spécialisé
qu'il sera de qualité. Beaucoup emploient des stagiaires, des
étudiants ou des personnes qui ne connaissent rien à la restauration
et/ou
l'hôtellerie. Ils sont souvent sous-payés et il faut dire qu'aux
prix où sont vendues les visites-mystère, comment
faire autrement.
Et
puis, la majorité des spécialites des visites-mystère n'ont,
contrairement à une autre idée reçue, aucune
connaissance
spécificique
sur
ce que souhaite réellement
la clientèle ou sur sa perception en termes de service, de
confort, d'équipements, de propreté, d'ergonomie, etc. Enfin,
toujours
concernant les visites-mystère, une fréquence de 1 (généralement)
à 3 visites par an (1 tous
les 3 ans dans quelques chaînes hôtelières volontaires !) reste
très "limite" pour pouvoir se faire une idée concrète sur
la qualité fournie et perçue d'un hôtel
ou d'un restaurant.
Mais,
si les visites-mystère sont un outil parmi d'autres — une photo
prise à un moment donné —, dans beaucoup de cas cela reste
insuffisant s'il n'y a pas en aval
des audits de la formation, des séances de sensibilisation et
d'information du personnel, des enquêtes directes menées auprès
de la clientèle ou encore des audits commerciaux. Bref, il
ne
faudrait
pas se
dédouaner en pensant que les visites-mystère sont la panacée
et il faut certainement accepter le principe que développer la
qualité a un coût, qui se rentabilise finalement assez vite
par une
clientèle
heureuse de venir et désireuse de revenir. |
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